Thomson  : la tension monte à l'approche du 16 juin

électroniqueThomson est certes dans une situation particulièrement précaire. En défaut sur sa dette, le groupe, qui ne génère plus de cash, a des fonds propres négatifs et a enregistré une perte nette de 1,9 milliard d'euros en 2008. Il doit trouver d'ici au 16 juin un accord de restructuration de ses 2,3 milliards d'euros d'endettement avec un pool de dizaines de banques créancières. De là à l'enterrer purement et simplement, à plus de trois semaines de la date butoir des négociations, fixées au 16 juin?Mercredi 20 mai, une dépêche a provoqué un petit embrasement boursier en évoquant la faillite inéluctable du spécialiste des technologies de l'image, qui emploie quelque 23.000 salariés dans 30 pays. D'après l'Agence France Presse, qui s'appuyait sur une source bancaire anonyme, Thomson serait en effet « acculé au dépôt de bilan », les négociations de restructuration de sa dette étant vouées à l'échec. « Le sentiment général des banques est qu'il n'y a aucune chance pour qu'il y ait un accord de tous les créanciers », indiquait la source de l'agence.La publication, moins d'une heure avant la fin de séance, a provoqué un décrochage de plus de 20 % du cours de Bourse de Thomson, avant qu'il ne termine sur un recul de 16 %, à 0,8 euro, avec près de 15 % du capital du groupe échangé. Hier le titre s'est repris de 0,75 %.manipulation de coursDans un communiqué, Thomson a réagi vigoureusement à la publication de ces informations qualifiées d'« approximatives et inexactes ». Le groupe, qui avait annoncé récemment une prolongation de la période de négociations, a précisé les poursuivre « dans un climat constructif » avec tous ses créanciers. « Une proposition a été soumise fin avril aux créanciers et, depuis lors, les discussions ont progress頻, a-t-il ajouté. Une source proche de l'entreprise a encore réfuté que l'unanimité des créanciers du groupe soit nécessaire pour faire aboutir la renégociation de sa dette et fait observer qu'une issue négative à ces discussions entraînerait une procédure de sauvegarde, qui permet de suspendre les paiements aux créanciers, plutôt qu'un dépôt de bilan pur et simple.Soupçonnant une manipulation de cours, Thomson a demandé l'ouverture d'une enquête auprès de l'AMF.Olivier Hensge

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