Nous irons jusqu'au bout de la réforme des collectivités locales »

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Aux deux tiers de son discours, Nicolas Sarkozy a obtenu les applaudissements du Congrès lorsqu'il a annoncé : « Nous irons jusqu'au bout de la réforme des collectivités locales. » Mais pour beaucoup d'élus, chez les sénateurs en particulier, ces applaudissements étaient quelque peu forcés. Car le président a douché son auditoire en ajoutant : « Nous ne nous déroberons pas devant la réduction du nombre des élus locaux. » De quoi susciter inquiétude et amertume dans leurs rangs.Reprenant une proposition du rapport Balladur, Nicolas Sarkozy avait en tête l'élection de « conseillers territoriaux » qui remplaceraient les actuels conseils généraux et conseils régionaux et assumeraient leurs compétences. Mais au passage, sans doute en 2014, le nombre d'élus tomberait de 6.000 à un peu plus de 3.000?La commission du Sénat qui doit remettre ses conclusions définitives sur la réforme locale dans les prochains jours n'a pas retenu cette solution. Les représentants des départements, très puissants au sein de la Haute Assemblée, ne veulent pas en entendre parler. Ils estiment qu'il s'agit d'un premier pas vers l'effacement des départements et leur mise sous la tutelle par les régions.Malgré la prévisible bronca du Sénat sur le sujet, ils risquent cependant de devoir s'incliner. Car la réduction du nombre d'élus est la mesure concrète la plus emblématique de la réforme locale promise par le président. Le gouvernement doit pourtant déposer, durant l'été, un projet de loi-cadre fixant les grands principes de cette réforme qu'il veut présenter à l'automne au Parlement. Mais beaucoup d'autres réformes envisagées, comme la refonte de la répartition des compétences entre échelons administratifs, nettement moins parlante pour l'opinion. Quant à la réforme de la fiscalité locale, elle aussi promise à nouveau par Nicolas Sarkozy hier, elle risque de prendre du temps et d'être peu lisible sur les feuilles d'impôt des particuliers.Pour mettre les élus locaux devant leurs responsabilités et s'attirer les faveurs de l'opinion, le président a martelé que « l'effort doit être partagé par tous, État comme collectivités locales ». Effort de gestion et de réduction des dépenses s'entend afin de privilégier l'investissement. Comme preuve des efforts de l'État central, Nicolas Sarkozy a rappelé la poursuite de la réforme de la carte administrative (préfectures, services déconcentrés de l'État, justice, etc.), le non-remplacement d'un fonctionnaire partant en retraite sur deux, et la suppression des organismes administratifs inutiles? P. C.

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