Fillon a assisté à son effacement

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Sarkozy a accentué la présidentialisation du régime.Sagement assis entouré des membres de son gouvernement face à la tribune du Congrès pour écouter le chef de l'État, François Fillon a connu hier son jour de gloire. Il a en effet assisté en direct à la confirmation de ce qu'il prédisait en 2006 dans un livre : l'effacement du Premier ministre au profit du président de la République.Devant lui, Nicolas Sarkozy a prononcé une sorte de discours de politique générale, exercice jadis réservé au Premier ministre s'exprimant devant l'Assemblée nationale après sa nomination. Il est vrai que le vote du quinquennat en 2000 et la personnalité de Nicolas Sarkozy ont changé profondément la donne politique.quinquennat : acte iiL'un des prédécesseurs de François Fillon à Matignon sous Jacques Chirac, Jean-Pierre Raffarin, n'a pas manqué, hier, de pointer du doigt à sa manière cet effacement du chef du gouvernement. « Je regrette que François Fillon ne réponde pas aux interventions des parlementaires après le discours de Nicolas Sarkozy [?] pour que le débat soit clos par l'exécutif », a estimé, depuis Versailles, le sénateur UMP de la Vienne. Les socialistes, eux, auraient souhaité depuis longtemps que le Premier ministre engage cette semaine la responsabilité de son gouvernement devant l'Assemblée afin de pouvoir répondre? Une initiative que Jean-François Copé, le patron des députés UMP, qui n'est pas un sarkosiste pur jus, n'aurait pas trouvée illogique. Il l'a dit hier en marge du congrès.Face à l'hyperprésident en action hier, François Fillon pourra au moins se réconforter en pensant qu'il sera reconduit comme Premier ministre de l'acte II du quinquennat. Constitutionnellement, c'est d'ailleurs lui qui doit « proposer » formellement au président de la République les noms des nouveaux membres de son gouvernement dont la composition doit être annoncée demain matin par l'Élysée. Fillon aurait d'ailleurs plaidé auprès de Nicolas Sarkozy pour un simple réaménagement et non un remaniement de grande ampleur. Le chef du gouvernement serait assuré de ne pas perdre ses principaux soutiens, comme Xavier Darcos ou Roselyne Bachelot. Patrick Coquidé

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