Pékin assure toujours les fins de mois de l'Amérique

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Tim Geithner, le secrétaire au Trésor américain et Ben Bernanke, le patron de la Réserve fédérale, peuvent se rassurer. La crise n'a pas enrayé la mondialisation. Les Chinois continuent de dégager des excédents massifs grâce à leurs exportations à bas prix toujours payées en dollars. Les excédents dégagés suivent toujours le même chemin, celui des emprunts d'État américains. Le déficit du gouvernement fédéral qui va exploser, cette année, à plus de 1.800 milliards de dollars selon les estimations officielles sera donc encore largement financé par Pékin. Selon les premières estimations des statistiques américaines pour le mois de mars, la Chine, premier créancier étranger des États-Unis, a acquis pour 23,7 milliards de dollars (17 milliards d'euros) de bons du Trésor. Ce record mensuel porte les encours de l'empire du Milieu sur la dette américaine à 768 milliards de dollars, soit plus du quart du montant détenu par les étrangers. Les Chinois n'ont d'ailleurs pas vraiment le choix. Leur tentative de diversification engagée à partir de 2007 en faveur des grandes agences hypothécaires américaines, Fannie Mae et Freddie Mac, a tourné court avec la faillite de ces dernières. Quant à trouver d'autres devises que le dollar pour investir les 1.953 milliards de dollars de réserve de l'État chinois, cela relève de la chimère. Les incantations du Premier ministre, Wen Jiabao, appelant comme les Russes à une nouvelle architecture financière internationale n'enlèvent rien au réalisme des dirigeants. Ni l'euro ni le yen ne sont appelés à se substituer rapidement au roi dollar. Ce n'est qu'à la marge que le premier créancier des États-Unis peut tenter de se dégager de l'étreinte du billet vert. Il le fait en achetant de l'or, mais malgré le récent relèvement des réserves en or du pays, celles-ci dépassent à peine 1.000 tonnes, soit à peine plus de 30 milliards de dollars. Ce qui ne pèse pas plus de 2 % des réserves officielles chinoises. Plus conséquentes semblent être les prises de participations dans des sociétés étrangères, à l'image des 45,5 % pris par PetroChina dans Singapore Petroleum (voir ci-dessus), en accumulant des réserves de cuivre (« La Tribune » du 25 mai) ou en signant des contrats de financement des infrastructures dans des pays émergents. Au grand dam de l'OMC qui prohibe ces financements liés. Mais rien ne peut vraiment compenser les placements en bons du Trésor américain. Pékin peut continuer à s'alarmer de la baisse du dollar ! Christophe Tricaud

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