La table du monde

Faire rendre gorge aux profiteurs... bloquer les prix... baisser la TVA sur les produits de base : le petit concours Lépine de la meilleure idée pour lutter contre la flambée des prix alimentaires est ouvert. Afin de ne pas être en reste, le Premier ministre s'est cru obligé hier de convoquer d'urgence - en le faisant largement savoir - plusieurs de ses ministres afin d'organiser la riposte contre la vie chère. Hélas, si certaines des réponses proposées peuvent contribuer à atténuer l'impact des hausses sur le pouvoir d'achat des ménages, aucune n'est en mesure d'offrir un remède proportionné au problème posé par l'explosion des prix alimentaires répertoriée ce week-end par l'Institut national de la consommation (INC). Tordre le bras de ceux qui, parmi les distributeurs et les industriels, tentent de passer des majorations de prix excessives en invoquant l'envolée mondiale de la demande de produits alimentaires ne peut pas faire de mal. Pas plus que d'insuffler un peu de clarté dans les pratiques de fixation des prix au bénéfice du consommateur. Mais la dernière fois qu'un ministre de l'Économie s'est attaqué aux prix des produits de grande consommation avec les mêmes méthodes - c'était en 2004 avec... Nicolas Sarkozy -, le résultat est passé inaperçu de la plupart des foyers français. Et, cette fois-ci, une baisse de l'ordre de 3 à 4 % ne suffira pas à gommer les hausses de prix souvent à deux chiffres recensées par l'INC. Tout simplement parce que la France, comme la plupart des grandes économies, subit un phénomène planétaire sur lequel elle n'a aucune prise. Selon la FAO, l'indice des prix alimentaires mondiaux a bondi de près de 40 % l'an dernier. Encore n'est-ce là qu'une moyenne car les prix de certaines denrées comme le blé, le maïs, le café ou le soja ont connu des hausses à trois chiffres ! Les explications sont multiples : une réduction de l'offre consécutive à des événements climatiques tels que sécheresses ou inondations, l'apparition de besoins nouveaux, comme la production de biocarburants, ainsi que l'afflux de nouveaux convives à la table du monde provenant des économies émergentes. Une tendance structurelle durable contre laquelle les meilleures intentions ne peuvent rien.

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