Pierre Cardo : « Il ne faut pas répondre à la précarité par des emplois précaires »

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« En banlieue, ce qui manque le plus c'est l'action. Il ne se passe rien. » « L'essentiel des crédits publics distribués dans les banlieues est allé ces dernières années à la remise en état des murs, explique Pierre Cardo, député UDF des Yvelynes, maire de Chanteloup-les-Vignes. Et la réhabilitation de l'urbanisme s'est faite au détriment de l'activité, avec souvent la création d'infrastructures inadaptées. » Pierre Cardo, qui déplore que le problème des quartiers difficiles soit traité aujourd'hui de façon distincte de la lutte nationale contre l'exclusion, constate avec dépit que les ambitions politiques initiales du gouvernement ont été revues à la baisse. « Les députés issus de quartiers en difficulté ne sont pas nombreux, nous ne formons pas un véritable lobby, explique ce parlementaire, tombeur de Michel Rocard en 1993. Aujourd'hui, le système politique est bloqué : trop de maires ne se sont jamais véritablement occupés du social, de même que les autres élus ou les ministres. En octobre, j'avais proposé au Premier ministre, dans un rapport, la création de quelque 400.000 emplois d'utilité sociale en deux ans. Aujourd'hui, le projet de plan national d'intégration urbaine (PNIU) en prévoit environ 10.000, soit à peine 200 dans mon département alors que nous en avons déjà créé plus de 1.000. » Il propose aujourd'hui aux pouvoirs publics de donner aux collectivités les moyens financiers de créer l'outil nécessaire pour assurer ces services publics qui vont retisser le lien social, en travaillant dans trois directions : la médiation urbaine, l'encadrement sportif et socio-éducatif et les nouveaux emplois de services de proximité. « Ces emplois ne sont pas des petits boulots. Ils doivent être créés sur la base de contrats de travail à durée indéterminée. Il ne faut pas répondre à la précarité par des emplois précaires », souligne Pierre Cardo. La création de zones franches ne répond pas par ailleurs, selon lui, à cette exigence d'emplois nouveaux car il faut « laisser toute liberté à l'entreprise d'embaucher qui elle veut ». En revanche, « l'exonération fiscale des petits commerçants et artisans qui se maintiennent au pied des immeubles est indispensable, de même que leur exonération de loyers, par exemple par le biais d'un fonds de compensation créé par l'Etat ». Pierre Cardo, qui persiste et signe sur la voie de l'expérimentation sociale, propose encore la création d'une nouvelle taxe sur les grandes surfaces, proportionnelle au chiffre d'affaires, et dont les enseignes pourraient être exemptées pour peu qu'elles investissent dans des petits commerces de proximité installés au coeur des quartiers en difficultés. P. F.

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