Les industriels misent sur le « plan d'épargne ameublement »

Après avoir milité pendant deux ans pour un plan d'épargne ameublement, les industriels du secteur ont obtenu gain de cause. Fin décembre, le gouvernement a annoncé deux mesures particulièrement favorables au secteur : les ménages pourront utiliser, pour acheter des meubles, un plan d'épargne logement ouvert avant le 30 juin 1993 à hauteur de 100.000 francs, ou le montant de cession de Sicav, toujours à hauteur de 100.000 francs par ménage, avant le 30 juin. L'Union nationale des industries françaises de l'ameublement (Unifa) attend impatiemment la publication des décrets d'application de ces mesures, car elle souhaite profiter de la tenue du salon du meuble, du 11 au 15 janvier à Paris, et notamment de la journée d'ouverture au public prévue le 13 janvier, pour accompagner ce dispositif par des mesures propres. Cela pourrait prendre la forme d'un chèque cadeau pour tout achat de meubles supérieur à un montant de l'ordre de 8.000 à 10.000 francs dans les six mois, explique le président de l'Unifa, Philippe Mayer. Ces mesures sont susceptibles de provoquer un « électrochoc », selon Philippe Mayer, dans un secteur qui en a bien besoin. Cette industrie risque, en effet, d'être affectée par les retombées négatives sur la consommation de l'assainissement des comptes sociaux. Exporter et innover Après un premier semestre relativement bon, au cours duquel la production tous circuits et types de produits confondus a progressé de 3,5 %, l'ameublement traverse une période franchement mauvaise depuis le mois de septembre, ajoute-t-il. Les grèves, qui ont paralysé la France pendant trois semaines, n'ont rien arrangé à une époque particulièrement cruciale pour la profession. Ce renversement de tendance « devrait annuler la progression des six premiers mois de l'année », estime le président de l'Unifa, qui table sur une progression minime de la production de meubles, voire sur une stagnation. Un constat décevant pour un secteur dont la situation s'était pourtant stabilisée en 1994, la production française atteignant 51,5 milliards pour une consommation de 62 milliards, après deux à trois années très difficiles. Les résultats à l'exportation n'ont pas été très brillants en début d'année. Sur les cinq premiers mois de 1995, les exportations accusent une dégradation de 18 % par rapport à la même période de 1994. Une évolution qui s'explique par l'anémie des marchés européens et l'effet des dévaluations compétitives italienne, espagnole et britannique. Une incidence qui devrait toutefois s'atténuer au second semestre. Les industriels se veulent néanmoins optimistes pour 1996. Les membres de l'Unifa vont d'ailleurs avaliser en juin un plan sectoriel qui fixera sur dix ans des priorités, notamment en matière de formation, d'exportation vers l'Asie et l'Amérique latine, ainsi que d'innovation avec l'apparition de nouvelles technologies et de nouvelles fonctions. Florence Bauchard

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