Viseo prospère à l'ombre des grands éditeurs de progiciels

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Les services informatiques sont l'un des secteurs où les barrières à l'entrée sont quasi inexistantes. Olivier Dhonte, président fondateur (à Paris) de Viseo, a parfaitement profité de cette caractéristique. En huit ans, le chiffre d'affaires de son entreprise est passé de zéro à 20 millions d'euros et la SSII emploie aujourd'hui 160 personnes. Et cela sans aucune levée de fonds, sinon les 50.000 francs nécessaires à l'époque pour créer une société. " Nous avons toujours réussi à doubler notre chiffre d'affaires tous les deux ans tout en maintenant notre profitabilité ", se félicite le dirigeant qui a fait ses classes chez Bull, puis chez l'éditeur allemand de progiciels de gestion SAP pour lequel il gérait les relations avec de grands groupes comme L'Oréal.C'est cette expérience qui a incité d'ailleurs Olivier Dhonte à créer sa propre société de services informatiques en 1999, avec comme spécialité l'installation des progiciels SAP. " J'avais très envie de créer un projet d'entreprise et j'étais persuadé, malgré la concurrence, qu'il y avait de la place sur ce marché, à condition d'offrir aux grands comptes des solutions adaptées à leurs besoins ", se souvient Olivier Dhonte. Viseo tient encore à ce positionnement de niche. " Je ne crois pas à l'effet de taille ", affirme Olivier Dhonte. En revanche, l'idée est de dupliquer ce modèle de spécialiste sur d'autres marchés.CAP SUR L'ALLEMAGNEAprès la France, où la société est présente à Paris, Lille et Lyon, Viseo mise sur l'Allemagne. Le rachaten 2005 d'une petite affaire lui a permis d'entrer chez certains équipementiers automobiles de Munich avant de signer, fin 2007, un premier contrat avec BMW. Plus surprenant, Viseo s'est lancé avec succès aux États-Unis dans le sillage de ses plus grands clients, comme L'Oréal, le géant de cosmétique représentant à lui seul 15 % du chiffre d'affaires de la SSII. " Nous réalisons déjà 3 millions d'euros de chiffre d'affaires aux États-Unis et notre structure est rentable ", explique Olivier Dhonte. La société regarde même plus loin, du côté de la Chine, mais hésite encore entre un partenariat local ou la création d'une structure interne. Seconde priorité pour permettre à Viseo d'atteindre 40 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2009 : le développement de nouvelles activités. La société a ainsi acquis récemment une SSII spécialisée dans la mise en oeuvre de logiciels d'aide à la décision (lire encadré).Si la société s'est toujours autofinancée, Olivier Dhonte n'exclut pas une levée de fonds de plusieurs millions d'euros dans les prochains mois. " Nous étudions plusieurs pistes, une introduction en Bourse ou l'arrivée d'un ou plusieurs fonds de capital-développement ", confie Olivier Dhonte. En revanche, même s'il reconnaît être régulièrement contacté par des concurrents pour un rachat, Olivier Dhonte et ses associés n'ont pas l'intention de passer la main, persuadés que la phase de croissance en solitaire de Viseo n'est pas encore achevée.Les bonnes marges de L'aide à la décisionLes logiciels d'aide à la décision (business intelligence ou BI) devraient constituer la principale source de croissance de la SSIIces prochaines années. Selon le président de Viseo, ce segment devrait représenter en 2009 plus de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires, soit un quart des revenus totaux de l'entreprise. Plus dynamique, cette spécialité offre également de meilleures marges. Début janvier, Viseo a ainsi acquis Artens, portant à 40 le nombre d'ingénieurs spécialisés dans les offres de BI. D'autres opérations de ce type devraient être réalisées dans les prochains mois.

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