STX cherche un nouveau souffle en Europe

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C' est une apparition surprise qu'a faite STX sur la scène mondiale en octobre, lorsqu'il a pris une minorité de contrôle dans le norvégien Aker Yards. Jamais un constructeur naval sud-coréen ne s'était emparé d'un concurrent européen. L'initiative était d'autant plus inattendue que STX n'est pas le plus connu des acteurs de la péninsule. Il affiche pourtant de solides ambitions, puisqu'il avait annoncé vouloir porter son chiffre d'affaires (8,37 milliards de dollars en 2006) à 10 milliards en 2007 et à 20 milliards en 2010.Le groupe est né de la crise asiatique de 1997-1998. Celle-ci avait fait vaciller nombre de chaebols sud-coréens, ces énormes ensembles diversifiés. Notamment Ssangyong, dont l'activité industrielle (Ssangyong Heavy Industry) avait été reprise pour une bouchée de pain (2 milliards de wons soit 1,5 million d'euros) par son président Kang Duk-soo qui a ensuite rebaptisé l'ensemble STX. Un coup de maître qu'il répétera avec d'autres filiales d'anciens chaebols pour élargir ses activités.SIX DIRIGEANTS ACCUSES D'ESPIONNAGE L'industrie navale demeure cependant le métier principal de STX. Mais le secteur sud-coréen est confronté depuis quelques années à la montée de concurrents venus de Chine. Spécialisé jusque-là sur les navires à faible valeur ajoutée, STX est obligé de réagir. Il se trouve face à trois options : développer la recherche et le développement, ce qui coûte cher et nécessite du temps ; délocaliser en Chine pour baisser ses prix (STX a d'ailleurs lancé un projet dans la ville de Dalian). Ou acheter un constructeur européen, notamment pour avoir accès à la technologie des navires de croisière. Or, c'est précisément une des spécialités des Chantiers de l'Atlantique, repris par le norvégien Aker Yards. Contacté par La Tribune, STX déclare n'avoir pour le moment " pas de plans confirmés concernant les Chantiers de l'Atlantique ". " Il est cependant peu probable que STX rapatrie toute l'activité en Corée, explique Stanislas Roussin, chercheur chez Seric Corée. D'abord pour une question d'image, mais aussi parce que les clients préféreront que la construction se poursuive en Europe pour une question de qualité du travail. Même si cela ne durera sans doute qu'un temps. "Bien qu'il soit considéré comme un chaebol, STX, structuré en holding depuis 2004, fonctionne suivant une organisation plus claire que celle des autres groupes diversifiés coréens. Cela n'empêche pas six de ses dirigeants d'être actuellement accusés d'espionnage par Doosan Heavy Industries, leur ancienne société. Une affaire qui fait grand bruit à Séoul et tombe on ne peut plus mal, à l'heure où Bruxelles enquête sur la montée dans Aker Yards.

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