Spéculations sur un mariage Postbank-Commerzbank

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Le ministre social-démocrate des Finances allemand, Peer Steinbrück, a réagi hier en qualifiant de " pures spéculations " des informations de plusieurs organes de presse présentant comme un fait acquis la prochaine vente de la Postbank, filiale bancaire du groupe de logistique Deutsche Post, à la deuxième banque privée du pays, Commerzbank. Tel serait le montage privilégié à Berlin, selon la presse, pour ainsi voir émerger un autre établissement bancaire au côté du leader Deutsche Bank.Il n'empêche. D'aucuns se demandent si le vaste scandale de fraude fiscale venant d'éclater en Allemagne, et qui a coûté son poste à Klaus Zumwinkel, président de Deutsche Post, pourrait donner un coup d'accélérateur à la cession programmée de Postbank. La chancelière allemande, Angela Merkel, ne voit pas de rapport entre ces deux événements et refuse de dévoiler un élément qui pourrait trahir la volonté stratégique de l'État fédéral. Ce dernier détient, via la banque publique KfW, 31 % de Deutsche Post et en est ainsi son premier actionnaire. Deutsche Post détient à son tour 50 % et une action du capital de Postbank.Les marchés financiers semblent en tout cas croire à une issue du dossier dès cette année. L'action Postbank grimpait hier de 6 % en séance, à 64 euros. Le titre Commerzbank était également recherché, en progressant de 3 %.DROIT DE VETO DE L'ÉTATLa préférence alléguée au gouvernement fédéral pour un repreneur désigné peut certes s'appuyer sur un point juridique. L'État allemand a un droit de veto sur une éventuelle cession de Postbank jusque début 2009, a indiqué hier un porte-parole du ministère des Finances. Ce qui expliquerait l'empressement des pouvoirs publics à trancher ce dossier. " Un droit de veto peut empêcher une solution, mais n'a pas le pouvoir de concevoir un mariage idéal ", observe l'analyste Konrad Becker chez Merck Finck & Co. L'expert ne voit en aucune manière la cession de Postbank se dérouler derrière des portes fermées. " Sinon il y a le risque de voir une montagne de plaintes provenir d'autres actionnaires que l'État fédéral ", souligne-t-il.Une chose est sûre, avec une part de marché de 8 % dans la banque de détail et une rentabilité en hausse de 25 % l'an dernier, Postbank suscite les convoitises de Commerzbank et de Deutsche Bank. Le néerlandais ING, qui étend sa présence en Allemagne via la banque directe INB Diba, pourrait également être intéressé. Selon le Westdeutsche Allgemeine Zeitung, HSBC et RBS regarderaient aussi le dossier.

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