La hausse des taux longs devrait rester contenue

Pas de répit pour les opérateurs obligataires. Si des créations d'emplois moins nombreuses que prévu en octobre (56.000 contre 110.000 attendues) ont un temps permis aux rendements des emprunts d'État américains à 10 ans de se détendre vendredi, une lecture plus approfondie du rapport du département du Travail a finalement maintenu le marché obligataire sous pression. En fin d'après-midi, les taux à 10 ans enregistraient ainsi une hausse hebdomadaire de près de 10 points de base (0,1 %) à 4,66 %, leur plus haut niveau depuis fin juin 2004.Le bond du salaire horaire moyen n'a pas échappé à des investisseurs particulièrement sensibles à tout ce qui ressemble à des effets de "second tour". Celui-ci a progressé de 0,5 % en octobre, ce qui équivaut à une hausse de 2,9 % en rythme annualisé, la plus forte poussée depuis trois ans et demi. Craintes d'effets pervers. De quoi raviver les craintes sur les effets pervers de la boucle prix-salaires : dans les années 1970, les chocs pétroliers avaient entraîné des revendications salariales et conduit les entreprises à répercuter la hausse de leurs coûts dans les prix à la consommation. Si un retour de l'inflation à deux chiffres n'est plus envisagé à l'heure actuelle, les investisseurs pourraient néanmoins exiger des rendements plus élevés pour compenser le risque d'une érosion de leurs rémunérations. Pour Cyril Beuzit, chez BNP Paribas, la hausse des rendements obligataires restera néanmoins limitée. "Après avoir passé une bonne partie des deux dernières années à fluctuer entre 4 % et 4,5 %, le T-Note à 10 ans va probablement évoluer pour l'essentiel à l'intérieur d'une fourchette de 4,25 % à 4,75 % au cours des prochains mois", estime le stratège.Et pour cause. La Réserve fédérale veille à entretenir sa crédibilité auprès des marchés. Comme son vice président, Roger Ferguson, l'a encore rappelé la semaine dernière, elle utilisera tous les outils à sa disposition pour lutter contre l'inflation. La politique de restriction de l'accès à la liquidité n'est donc pas près d'être interrompue. Pour les banquiers de la Bond Market Association, les taux directeurs atteindront facilement 4,75 % d'ici à fin mars 2006, contre 4 % actuellement. De même, sur les marchés à terme, les opérateurs intègrent au moins trois hausses de taux d'un quart de point à cet horizon, c'est-à-dire une par réunion du comité de politique monétaire (les prochaines se tiennent le 13 décembre, le 31 janvier et le 28 mars), conformément au rythme en vigueur depuis le 30 juin 2004.Sophie Rolland

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