Achat de drones aux Etats-Unis : la facture s'envole pour la France

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Ce n\'est pas 12 drones MALE Reaper pour un montant de 670 millions d\'euros que la France veut acheter aux Etats-Unis, comme l\'avait récemment expliqué le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, mais finalement 16 Reaper MQ-9 et 8 stations sol mobile pour une enveloppe de 1,5 milliard de dollars (1,14 milliard d\'euros), un prix qui intègre les coûts d\'entraînement et de logistique. Bien loin donc des estimations du ministère de la Défense français, qui subit une cure d\'austérité même si le budget de la défense est maintenu à 31,4 milliards d\'euros. Dans les 670 millions, le coût de la francisation des drones MALE américains était compris. C\'est le Pentagone, ou plus exactement la Defense Security Cooperation Agency (DSCA), l\'agence dédiée aux ventes d\'armes à l\'international, qui a vendu la mèche. La DSCA a effet notifié jeudi au Congrès une possible vente à la France de 16 Reaper MQ-9, fabriqués par General Atomics Aeronautical Systems. Ce type d\'opération doit recevoir l\'aval du Congrès avant de pouvoir être réalisée. Selon le ministère de la Défense français, la France n\'envisage pas d\'acquérir plus de 12 drones de surveillance. \"Il s\'agit d\'un processus administratif américain pur et simple, assure-t-on au cabinet du ministre. Le Pentagone fait une demande maximale pour ne pas devoir y revenir\". Elle ne change rien au nombre de drones envisagé ni à l\'enveloppe prévue, insiste-t-on.Le Pentagone favorable à cette venteSelon la DSCA, très favorable à cette vente,\"la France est l\'un des pays politiques et économiques majeurs en Europe et de l\'Organisation du Traité de l\'Atlantique Nord (OTAN)\". Elle est également \"un allié des États-Unis dans la poursuite de la paix et de la stabilité\"dans le monde. En conséquence, la DSCA considère que cette vente de 16 drones Reaper \"est essentielle à l\'intérêt national américain d\'aider la France à développer et maintenir une solide capacité d\'autodéfense. Cette vente potentielle améliorera les capacités ISR (intelligence, surveillance et reconnaissance) de l\'armée française\" dans le cadre des opérations nationales, de l\'OTAN, des Nations unies (ONU) et dans d\'autres opérations au sein d\'une coalition\". Cettte vente augmentera \"énormément l\'interopérabilité\" entre les armées américaine et française ainsi que les forces de maintien de la paix.La France considérée comme un bon élèveLa DSCA a expliqué que la France demandait cette capacité opérationnelle pour renforcer la défense de ses troupes déployées, la sécurité régionale et améliorer l\'interopérabilité avec les États-Unis. Selon la DSCA, cette vente augmentera \"la capacité de la France à faire face à des menaces actuelles et futures\". La France, \"qui a déjà piloté à distance ce type d\'appareil, n\'aura aucune difficulté à maîtriser cette capacité supplémentaire\", estime la DSCA. Enfin, cette dernière estime que cette vente ne changera pas l\'équilibre militaire dans la région. \"Il n\'y aura aucun impact défavorable sur la sécurité de la défense américaine\", assure-t-elle au Congrès.Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé le 11 juin dernier son intention d\'acheter douze drones d\'observation Reaper aux Etats-Unis. Il avait précisé lors d\'un déjeuner de presse que, dans un premier temps, il voulait acquérir deux Reaper ainsi qu\'une station sol fabriqués par General Atomics, pour parer aux besoins urgents des forces armées françaises au Mali et dans la région du Sahel. \"Il y a une nécessité opérationnelle immédiate\", avait-il précisé. La France a également besoin de dix autres drones Reaper qui puissent opérer dans l\'espace aérien français et européen, ce qui suppose que leurs moyens de transmission soient adaptés par des industriels européens. Là aussi, le Congrès devra donner son accord pour que la France ait accès aux \"codes sources\", codes informatiques de ce matériel militaire soumis à de strictes règles d\'exportation, afin de le modifier.Le Pentagone est favorable et \"si on s\'y prend dans le bon sens, ça devrait se débloquer\"\', avait alors estimé Jean-Yves Le Drian. On l\'a senti moins optimiste sur cette deuxième phase. \"J\'espère que cela ira\", a-t-il avoué. A défaut d\'accord du Congrès, la France pourrait se tourner vers un drone israélien, a cependant ajouté le ministre. Le coût total de l\'acquisition de ces 12 drones MALE (pour moyenne altitude, longue endurance, soit 24 heures de vol), soit le prix d\'achat et le coût de leur \"francisation\", est évalué par les services du ministère à 670 millions d\'euros. Elle doit être inscrite dans la loi de programmation militaire pour la période 2014-2019 qui sera présentée au parlement à l\'automne. 

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