AIG va rembourser la totalité de sa dette au Trésor américain

It's PayBack Time. » Deux ans après avoir été sauvé du naufrage, par le biais d'une nationalisation, l'assureur américain AIG (American International Group) a finalisé, et annoncé, jeudi, son plan de restructuration. Et partant, qu'il allait rembourser la totalité de sa dette envers les pouvoirs publics d'ici six à onze mois. Une opération qui prévoit que l'assureur remboursera l'intégralité de sa dette de 20 milliards de dollars envers la branche new-yorkaise de la Fed, principalement grâce à des cessions d'actifs, parmi lesquels la mise en bourse de la filiale asiatique d'assurance-vie AIA et la vente d'Alico à MetLife. Le complément viendra de la cession des deux filiales japonaises (lire ci-contre). Ce plan de remboursement s'articule également autour de la conversion de 49 milliards de dollars d'actions préférentielles détenues par le Trésor américain en actions ordinaires. grogne des contribuablesConcrètement, une fois la facilité de crédit remboursée, dans sa totalité, le département du Trésor recevra 1,655 milliard d'actions ordinaires en échange de celles détenues auparavant, portant sa participation dans l'ex géant mondial à 92,1 % contre 80 % jusqu'à présent. Par la suite, à charge pour l'Etat de vendre ces actions, au fil de l'eau, sur le marché. De plus, AIG a fait savoir qu'il émettrait jusqu'à 75 millions de warrants exerçables, au prix de 45 dollars par action, au bénéfice des actionnaires actuels. Même si Steve Miller, le président d'AIG, s'est dit « confiant » dans la capacité du groupe à rembourser les 100 milliards de dollars qu'il doit à l'Etat, voire qu'il pourrait engranger « un profit substantiel », reste à savoir dans quelles conditions et à quel prix ces actions trouveront preneurs. « Si elles sont vendues trop rapidement, cela pourrait impacter négativement leurs cours et donc amoindrir les bénéfices. Jeudi, à mi-séance, l'action avait pris 6,01 %. Mais certains analystes estiment, malgré tout, que la perte pour les ménages américains pourrait se chiffrer entre 36 et 50 milliards de dollars. Plus largement, cet accord montre la capacité de l'assureur à se dégager de la tutelle de l'Etat, qui au plus fort de la crise financière avait injecté 182 milliards de dollars, suscitant depuis une grogne croissante chez les contribuables américains. Il tombe, en outre, à point nommé pour redorer un peu le blason de l'Administration Obama sous le feu des critiques de l'électorat puisque le TARP (Troubled Asset Relief Program), le plan de sauvetage de 700 milliards de dollars pour stabiliser le système financier, arrive à échéance lundi prochain.Sixtine Léon-Dufour, à New York

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