Lula a fait de son pays un nouveau poids lourd économique

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En 2000, l'hebdomadaire britannique « The Economist » demandait : « connaissez-vous le nom d'une multinationale brésilienne ? Difficile non ? ». Neuf ans plus tard, il titrait sur « le Brésil qui décolle », avec un photomontage du Christ rédempteur du Corcovado, une des cartes postales de Rio de Janeiro, telle une fusée. La stabilité économique, conquise à partir de 1994 avec la fin de l'hyper-inflation, a permis au pays de regarder de l'avant. Mais c'est au cours des deux mandats du président Luiz Inacio Lula da Silva, dont la succession pourrait être décidée dès ce dimanche avec la victoire attendue de sa protégée Dilma Roussef, que le Brésil est devenu un poids lourd à l'échelle mondiale. Des multinationales brésiliennes, on peut en citer aujourd'hui une flopée. Il y a bien sûr Petrobras, qui vient de devenir la deuxième plus importante compagnie pétrolière du monde, dernière Exxon, suite à la plus importante augmentation de capital de l'histoire des marchés. Vale, numéro deux mondial des mines, et champion toute catégories du minerai de fer. Les constructeurs Odebrecht et Camargo Correa, qui raflent les plus importants marchés d'Amérique Latine et en Afrique. Sans parler du numéro un mondial de la bière, AmBev, qui, début septembre, s'est offert la chaîne de hamburger Burger King, un symbole. « L'internationalisation des entreprises brésiliennes est une des réussites personnelles de Lula », souligne Amado Luiz Cervo, professeur de relations internationales à l'Université de Brasilia. De ses huit ans de mandat, Lula a passé plus d'un an et demi à l'étranger, toujours flanqué de groupes d'entrepreneurs. Il sillonne le monde entier, mais réoriente les relations du Brésil, jusqu'alors centré sur les états-Unis et l'Europe, vers l'Amérique Latine et les autres pays émergents, comme l'Afrique du Sud, l'Inde, la Chine, la Russie. Autre nouveauté : l'Afrique, et le Proche-Orient. Entretemps, le Brésil, 13e économie mondiale en 2003, vient de s'installer au 8e rang, et lorgne vers le cinquième, d'ici 2022. Lula fait la promotion des produits brésiliens, mais s'impose aussi comme un acteur sur les grands problèmes du monde, organisant la rébellion des pays émergents au sein de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) ou surprenant au sommet du climat de Copenhague avec la proposition la plus audacieuse. Mais ses interventions ne sont pas toujours bien vues. Après avoir reconnu en Lula « l'homme le plus populaire du monde », Barack Obama n'a pas caché son agacement face aux tentatives du chef d'état brésilien de jouer les intermédiaires au Proche-Orient, et auprès de Téhéran. Virginie Mairet, à Rio de Janeiro

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