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Après l'acier, le charbon va-t-il empoisonner la vie de Montebourg?

La Tribune

Publié le 30 septembre 2012 à 21:03 - Mis à jour le 30 septembre 2012 à 21:03

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Après ArcelorMittal, Petroplus, PSA, Sanofi et Doux, Arnaud Montebourg devra-t-il faire un peu de place sur son bureau pour un nouveau dossier de sites industriels menacés? «Une rencontre est prévue avec le ministre du redressement productif avant le 11 octobre», affirme Loïc Delpech, délégué syndical CGT d\'E.ON France. Le 11 octobre, c\'est la date du comité central d\'entreprise où E.ON va présenter le plan social qui doit accompagner son projet de fermeture de 4 centrales à charbon héritées de la SNET (ex: Charbonnages de France). Au menu: jusqu\'à 535 suppressions de postes (sur un effectif de 800 personnes) d\'ici à 2015.Un silence embarrasséJusqu\'à présent, Arnaud Montebourg est resté étrangement silencieux sur ce dossier qui présente pourtant tous les ingrédients de nature à retenir son attention: des suppressions de postes annoncées au cœur des ex-bassins houillers (des postes de surcroit protégés par le fameux statut des industries électriques et gazières où aucun licenciement n\'est intervenu depuis 1946), un grand groupe international propriétaire (l\'électricien allemand E.ON) et, pour une fois, une offre de reprise sur la table qui propose de sauver les centrales à charbon et la plus grande partie des emplois. Or, le temps presse. E.ON, qui avait interrompu son processus de consultation des instances représentatives au printemps, pour examiner l\'offre de la société Sparkling Capital, vient de reprendre les opérations. Le groupe va présenter le 11 octobre un calendrier de fermeture et un plan de départ volontaire de 215 personnes pour la première période (2013-2014). Plus personne ne parle de l\'offre de Sparkling.Le précédent Petroplus Du côté d\'E.ON, la position est claire. «E.ON n\'a pas reçu d\'éléments constitutifs d\'une offre non engageante, encore moins d\'une offre engageante», affirme-t-on. Pourtant Michèle Assouline, la jeune entrepreneur qui dirige Sparking, est formelle. «J\'ai déposé une offre le 31 mars dernier auprès d\'E.ON, qui n\'est évidemment pas engageante puisque que je n\'ai eu pas eu accès aux sites ni aux éléments techniques». Ce dialogue de sourds dure depuis des mois, suscitant des espoirs douloureux chez les 800 salariés d\'EON France.Pour tenter de débloquer la situation et contourner ce qu\'elle interprète chez E.ON comme un refus de vendre, Michèle Assouline a demandé fin juillet la nomination d\'un «expert indépendant». Pas de réponse à ce jour du ministre du redressement productif. «Nous instruisons le dossier mais on manque d\'éléments», affirme-t-on chez le ministre. Une grande prudence règne chez Montebourg sur le sujet. Comme si le précédent Petroplus, où les doutes sont nombreux sur la solvabilité des deux preneurs en lice, avait douché les enthousiasmes.Une repreneuse qui demande de l\'argent à tout le monde«Le défi financier et technique du projet de Sparkling est grand. Mais le dossier est mince et Michèle Assouline ne nous aide pas. Elle a annulé un rendez-vous début septembre», glisse-t-on à Bercy. «On ne m\'a demandé aucune précision ni document supplémentaire depuis juillet», affirme de son côté la jeune femme. Ce qui est vrai, c\'est qu\'elle agace. Pour financer son projet, elle demande de l\'argent à tout le monde. Au vendeur (les 180 à 200 millions d\'euros qu\'E.ON aurait consacrés à la fermeture des centrales et au plan social) et à l\'Etat sous forme de prêts aidés. Cet été, elle a trouvé un financement complémentaire avec le groupe d\'ingénierie américain Wamar qui est prêt à apporter 250 millions d\'euros en entrant au capital. Aujourd\'hui, Michèle Assouline affirme disposer d\'un engagement de 400 millions de dollars de la part de son partenaire.Secret industrielReste le plus mystérieux. Comment cette ingénieur Arts et Métiers de 36 ans, surgie de nulle part, peut-elle estimer rentable la continuation de ces veilles centrales à charbon, condamnées par les normes environnementales, alors que l\'un des tout premiers électriciens au monde la juge impossible? \"E.ON ne pense pas qu\'elles ne seront pas rentables, mais pas assez rentables\", avance Jean-Pierre Damm, délégué FO. De son côté, Michèle Assouline reste évasive, arguant d\'un secret industriel: une technologie américaine qui permettrait de mettre aux normes ces centrales et dont elle serait en train de négocier l\'acquisition. Certains syndicalistes eux-mêmes se mettent à exprimer des doutes. «Michèle Assouline ne donne pas suite à nos discussions, ne nous fournit pas les éléments d\'informations qu\'elle promet. On finit par se demander si tel un vautour, elle n\'attend pas le cadavre de la SNET pour récupérer l\'argent», déclare l\'un d\'eux sous le couvert de l\'anonymat.Doutes sur la centrale biomasse à GardannePendant ce temps, E.ON s\'efforce de donner des gages de sa bonne volonté aux pouvoirs publics. Le groupe a annoncé vendredi un investissement de 220 millions d\'euros pour convertir une unité de Gardanne en centrale biomasse. L\'électricien prévoit un démarrage des travaux d\'ici à la fin 2013 «au plus tard» pour une mise en service avant la fin 2014. «Le permis d\'exploitation n\'est pas attribué. L\'organisme (Coderst) qui devait examiner la demande cette semaine l\'a retiré de son ordre du jour. Les élus des Bouches-du-Rhône émettent des doutes sur la faisabilité du projet. On ne sait plus qui croire», affirme de son côté un délégué syndical de Gardanne. 80% du personnel était en grève sur l\'ensemble des sites jeudi 27 septembre. A suivre.

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