La zone euro n'est pas mieux armée que les émirats

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La banque centrale des Émirats arabes unis a ramené un peu de calme et évité un krach financier généralisé à Dubaï. Elle a assuré qu'elle allait soutenir « les banques émiratiennes et les branches des banques étrangères opérant dans le pays ». Concrètement, elle va « mettre à la disposition de ces banques des facilités pour des liquidités additionnelles [...] à un taux de 50 points au-dessus » du taux interbancaire. En outre ? comme elle l'avait déjà fait en février dernier ? elle a de nouveau souscrit 5 milliards de dollars d'obligations de l'émirat par l'intermédiaire de deux banques relevant de l'Abu Dhabi Investment Council. Cette solidarité régionale trouverait-elle son pendant dans la zone euro ? Que les difficultés soient celles d'un État en direct ou de ses banques change peu de chose. La fourniture de liquidités serait assurée par la Banque centrale européenne. Mais celle-ci ne dispose pas du pouvoir de souscrire à un emprunt souverain. Rien dans le traité de l'euro ne prévoit d'ailleurs de mesures de ce type. Ce serait une décision souveraine de chacun des autres membres d'apporter ou non leur soutien financier à un État en défaut de paiement. Faute de quoi, ce dernier n'aurait comme seul recours que de tendre la sébile au FMI comme l'a fait récemment la Lettonie. Cette extrémité entâcherait la crédibilité de la monnaie unique. Restent les actions préventives de la Commission européenne qui a lancé au printemps une procédure pour déficit excessif contre plusieurs pays européens, dont la Grèce. Mais, au-delà de leur inefficacité avérée, ces procédures pourraient se retourner contre les institutions européennes. Dans le passé Georges Papandréou, l'actuel Premier ministre grec, a averti la Commission de la mauvaise gestion de la droite au pouvoir jusqu'en octobre dernier. Et, précise l'intéressé, l'exécutif actuel « ne va pas payer pour la politique de la droite et la tolérance de la Commission européenne à l'égard de cette politique, qui ont conduit au dérapage des finances ». Christophe Tricaud

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