Malgré la concurrence, la baisse des tarifs des négociations est peu visible
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Après l'éclatement, la concentration. Si les fusions annoncées se concrétisent, l'Europe va assister à la création de mastodontes avec Nyse Euronext-Deutsche Börse, et Bats-Chi-X Europe. Ce qui n'est pas sans poser des questions sur l'évolution des tarifs. L'ouverture à la concurrence du secteur, suite à la directive Marchés d'instruments financiers (MIF), devait justement permettre la baisse des coûts de négociation. Or, jusqu'à présent, celle-ci apparaît bien modeste. « Certes, les bourses historiques ont annoncé tour à tour des réductions de leurs commissions, mais avec le recul des volumes d'activité, la baisse de la taille des ordres, les intervenants n'ont pas pleinement profité de la baisse affichée. Pour les ordres des investisseurs institutionnels, les coûts n'ont reculé que de 5 % depuis novembre 2007 », observe Jean de Castries, directeur général d'Equinox Consulting. Le cabinet de consultants, qui a lancé un baromètre des coûts de transaction en Europe pour « La Tribune », s'est associé avec Crédit Agricolegricole Cheuvreux pour en décrypter l'évolution.Depuis novembre 2007, le montant moyen par exécution de la clientèle institutionnelle est passé de 24.000 euros à 8.000 euros en septembre 2010. Et le nombre d'exécutions a été multiplié par deux entre novembre 2007 et octobre 2008, pour se stabiliser ensuite. « Deux facteurs peuvent expliquer cette rupture : la multiplication des plates-formes alternatives, qui a incité les intervenants à fractionner leurs ordres [en plusieurs exécutions, Ndlr], et surtout la montée en puissance du trading à haute fréquence », avance Jean de Castries.De fait, les coûts de négociation rapportés aux montants exécutés, supportés par les courtiers, ont d'abord significativement augmenté sur certains marchés dont la tarification reposait sur un coût unitaire par exécution (+ 75 % entre novembre 2007 et début 2009). Les courtiers, qui facturent leurs clients sur la base des capitaux traités (en repli de 54 % avec la crise) ont donc vu leur marge se réduire, expliquent Equinox Consulting et CA Cheuvreux. Facturation par ordreDepuis la mi-2009, toutefois, certaines places, à l'image de Nyse-Euronext, sont passées à une facturation par ordre. Et la politique tarifaire attractive des plates-formes alternatives a commencé à se faire sentir, celles-ci prenant du poids. Si bien que la facture globale de négociation constatée par les courtiers pour les ordres institutionnels tend désormais à s'alléger (voir graphique). La suite ? Pour Jean de Castries, les Bourses seront obligées, sous la pression des clients, de tenir compte des demandes de baisse des tarifs. « Effectivement, le nombre de grands acteurs se réduit, ce qui diminue la pression concurrentielle », convient-il. « Mais on peut penser que Bats et Chi-X, qui ont chacun bâti leur succès sur un modèle agressif en termes de tarification, n'en changeront pas à court terme. Leurs actionnaires, également utilisateurs, n'y ont pas intérêt. » Mais, pour Equinox, seule une nouvelle augmentation des capitaux échangés, impulsée par une reprise de l'économie, pourrait permettre aux investisseurs finaux de bénéficier de baisses substantielles.
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