Alexandre Allard ravale « L'Architecture d'aujourd'hui »

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Les yeux rougis par l'émotion, Alexandre Allard tient entre ses mains sa nouvelle progéniture : le numéro 374 de « L'Architecture d'aujourd'hui ». Il le palpe, le caresse, hume ses pages encore chaudes de l'impression. Puis le referme sans en détourner les yeux. « C'est beau, non ? » Depuis plus d'un an, le bimestriel né dans les années 1930 sous l'impulsion d'André Bloc et de Le Corbusier avait cessé toute parution. L'homme d'affaires passionné d'architecture s'est offert le titre pour 1 million d'euros.« Trop engoncé dans son sérieux, ?AA? était mort ! », explique son repreneur. Modelé entre les mains de Jean Nouvel, Franck Gehry, Philippe Starck, Rudy Ricciotti, Winy Maas, François Fontès et avec le soutien financier d'Alexandre Allard, le poussiéreux « monument » s'est offert un ravalement de façade. Et de fond : le nouveau « AA » se veut « polémique et casseur d'idées reçues ».C'est d'ailleurs en casseur armé d'une pioche dans une des suites du Royal Monceau qu'on se souvient d'Alexandre Allard. Lors de la mémorable « Demolition party » marquant les débuts des travaux de rénovation du palace parisien qu'il s'était offert en 2007 pour 220 millions d'euros, tout le gratin était sommé de détruire à coups de massue les traces d'un luxe « empoussiér頻 à la française. Terminator, notre milliardaire ? Certainement pas. Pas même Bebel dans « Itinéraire d'un enfant gât頻. Ce féru d'architecture s'est investi d'une mission : « Sauver les vieilles dames en déshérence. Redonner une flamboyance moderne à un patrimoine que le monde entier nous envie ! » Le chantier est vaste, mais Alexandre Allard possède « un certain talent pour revisiter nos vieilles pierres. Il est un trait d'union de génie entre le passé et le présent », confie Renaud Donnedieu de Vabres, ancien ministre de la Culture et membre du comité éditorial de la revue, passé en coup de vent féliciter son ami.autodidacteAlexandre Allard est une sorte de roi Midas qui transforme tout ce qu'il touche en or. Avant même la parution d'« AA », version renaissance, 2.000 lecteurs déjà conquis se sont abonnés. Quant au Royal Monceau, sa réouverture risque d'être l'événement incontournable du printemps prochain. Le businessman est un autodidacte pur. La prépa, il l'a quittée au bout de deux mois, après qu'un professeur l'eut taxé d'« idéaliste totalement immature ».Alors le roi Midas a construit son empire à coup d'audace, de travail acharné et de chance, il ne le nie pas. Déjà en Côte d'Ivoire où il a grandi, il se payait des motos grâce à des « business » locaux. Adolescent, « le petit Africain » désormais parisien devient le caïd de sa pension en revendant des cravates et des flacons Azzaro. Puis, à 26 ans, il crée, au fond d'une boucherie musulmane qui lui sert alors de local, Consodata, la plus importante base de données marketing au monde. Sa revente, six ans plus tard à Telecom Italia pour 500 millions d'euros, lui permet de s'asseoir sur des millions à peine la trentaine passée.La phrase qui a motivé tous ses projets ? « C'est de la folie, tu n'y arriveras jamais ! », martelée par son entourage. Sauf que, selon lui, « ma folie mêlée au talent des personnalités qui m'entourent est la clé de toutes mes réussites ».

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