Les partis portugais se mettent d'accord sur un budget d'austérité

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Le soulagement sur les rives du Tage pourrait n'est peut-être que de courte durée. Toutefois l'accord de samedi sur un budget d'austérité 2011 intervenu entre le gouvernement socialiste minoritaire portugais et l'opposition de centre-droit maintient la volonté d'abaisser fortement le déficit public. Aux termes de l'accord entre les deux blocs, le déficit public 2011 ne doit plus s'élever qu'à 4,6 %. Cette année il est attendu à 7,3 %. Si l'objectif de réduction est maintenu dans l'accord entre majorité et opposition, le chef de gouvernement José Socrates a dû faire quelques concessions au Parti social-démocrate (PSD, centre-droit). Socrates a renoncé à quelques hausses d'impôts, pour environ un demi-milliard d'euros, mais ce même montant devrait être économisé côté dépenses. Le Parti social-démocrate s'abstiendra lors du vote en première lecture du projet de loi de finances ce mercredi, ouvrant ainsi la voie à son adoption. «Les conditions sont réunies pour l'adoption d'un budget qui impose des sacrifices aux Portugais afin d'assurer le financement du pays», selon le ministre des Finances Fernando Teixeira dos Santos. Ce n'est pas un vain mot que de parler de « sacrifices » : les salaires de la fonction publique seront abaissés de 5 % en moyenne, les retraites gelées et la TVA augmentée de 2 points pour s'élever à 23 %. Selon certains analystes le gouvernement minoritaire socialiste n'a fait que gagner du temps pour sa survie. Les coupes annoncées doivent alimenter le mécontentement populaire: une grève générale a été convoquée par les syndicats pour le 24 novembre, soit deux jours avant le vote final du budget attendu au Parlement.situation financière difficileEn cas d'élections aujourd'hui, le PSD serait gagnant : selon un sondage du quotidien Economico Diario les socialistes s'effondreraient de 10,6 points (à 25,1 %) et le PSD serait proche d'une majorité absolue (42 %). Quoiqu'il advienne, José Socrates devra jongler avec une activité économique stagnante : son gouvernement n'attend qu'une croissance de 0,2 % pour 2011. « L'accord sur le budget 2011 ne devrait apporter qu'un bref répit sur le front des bons d'État portugais » analyse l'économiste Christoph Weil de la Commerzbank. « La situation financière de l'État portugais reste très difficile et le compromis budgétaire n'a été atteint que grâce à une très forte pression. Le chef du gouvernement Socrates a menacé de démissionner et même un recours au fonds d'aide européen a été évoquée » rappelle cet économiste allemand.

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