Le foot français tente de dribbler la taxe à 75% depuis un an

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 Paiera, paiera pas... La polémique du week-end sur la taxation à 75% a réveillé dans le monde du football français des angoisses qui avaient déjà agité les vestiaires des stades l’an dernier. Retour sur un an de polémique fiscale autour du ballon rond. Hollande exige un \"ménage\" de printemps dans le foot françaisDès le mois de mars 2012, le candidat socialiste - qui souhaite imposer davantage les très hauts revenus - annonce la couleur: il vise aussi les stars du football. \"Que les dirigeants de football fassent aussi un peu le ménage: a-t-on un niveau de championnat qui justifie des salaires aussi astronomiques?”, s\'interroge-t-il sur France 3 . Il est également question de servir d\'exemple. \"J\'ai beaucoup de reconnaissance à l\'égard des sportifs et des artistes parce qu\'ils servent notre pays. Une façon de servir notre pays, c\'est de montrer l\'exemple\", justifie le prétendant à l\'Elysée d\'alors.A l\'époque, les footballeurs eux-mêmes ne sont pas forcément les seuls dans le collimateur. \"J\'ai appris que l\'entraîneur ou le directeur sportif du PSG touchait 6 millions d\'euros par an: est-ce que le PSG -bonne équipe pour laquelle j\'ai de la sympathie- a des résultats tels que son entraîneur devrait être payé autant?\", demande alors François Hollande. Une proposition qui fait peur... Sans surprise, la suggestion de François Hollande est plutôt mal reçue dans le milieu du football. Parmi les premiers à réagir: Michel Seydoux, le président du club de foot de Lille. Ce dernier, interviewé par le Parisien, dit craindre qu\'une telle taxation effraie les talents étrangers. “Avec une tranche à 75%, des joueurs comme M. Beckham ne viendront jamais. Et cela fera 0 euros d\'impôt”, déclare-t-il alors. ... mais n\'empêche pas des recrutements de stars au cours de l\'été... Après l\'élection de François Hollande, le club parisien s\'est tout de même offert le suédois Zlatan Ibrahimovic payé 14 millions d\'euros net par an mais aussi le brésilien Thiago Silva, pour une rémunération nette de plus de 7,5 millions d\'euros par an au cours de l\'été. Ces recrutements ont d\'ailleurs donné l\'occasion de rappeler que, dans le cadre des nominations de joueur, ce sont des salaires nets qui sont négociés. Autrement dit, le club intègre dès le départ le montant des charges et des impôts. Une éventuelle modification des niveaux d\'impostion avait ainsi été prise en compte par le PSG. A l\'époque, l\'Expansion calcule que pour le seul Zlatan Ibrahimovic, le club parisien devrait verser 41,25 millions d\'euros à l\'Etat par an.Quant à David Beckham, rappelons que le Britannique, sera lui aussi recruté par PSG quelques mois plus tard pour un salaire qu\'il a promis de reverser à une oeuvre de charité. ...et reçoit quelques soutiens de tailleAu mois de juin, la superstar du ballon rond français se risque à donner son avis. Dans une interview au monde, Zinedine Zidane défend le principe d\'une forte taxation pour les hauts revenus. \"Je n\'ai jamais eu de problèmes avec le fait de payer des impôts, de reverser 50 centimes pour 1 euro gagné. Je ne vis pas en France mais je ne vis pas dans un paradis fiscal. Je vis en Espagne, je paye mes impôts comme tout le monde. Aujourd\'hui, avec ce qui se passe, on va demander de l\'argent à ceux qui en ont. C\'est logique\", affirme ainsi l\'ancien attaquant. Automne: les pro du foot montent à la tribune A l\'automne 2012, le projet de loi de Finances pour 2013 est dévoilé. Comme promis, une taxation à 75% visant les revenus supérieurs à 1 millions d\'euros figure dans le texte. Mécontents, les présidents de la Ligue football professionnel (LFP), de l\'Union des clubs professionnels de football (UCPF) et de l\'Union nationale nationale des footballeurs professionnels (UNPF) font état de leurs craintes dans un communiqué commun publié le 28 septembre. Ils disent redouter un \"effet désastreux sur la compétitivité du football français\". D\'après eux, cette taxe ne tiendrait pas compte des spécificités d\'une carrière courte caractérisée par des salaires, certes très élevés pour certains, mais distribués sur une période de vie courte. Selon le président de la LFP, Frédéric Thiriez, entre 120 et 150 joueurs de football seraient concernés.Face à leurs arguments, des opposants affirment qu\'il faudrait plutôt revoir le système français qui conduit des clubs très endettés - malgré la hausse des droits télévisés - à continuer d\'acheter des joueurs à prix d\'or. C\'est le cas notamment dans cette tribune au Monde publiée par la secrétaire nationale PS chargée des sports Brigitte Bourguignon et Arnaud Flanquart, en charge du pôle sports pour le think tank Terra Nova. Hiver: le Conseil constitutionnel sort son carton rougeLe 30 décembre 2012, coup de théâtre: le Conseil constitutionnel censure le projet de taxe à 75% tel qu\'il a été présenté dans la loi de Finances. Exit donc - pour un temps - la polémique sur la feuille d\'impôts des joueurs de foot. La promesse, elle ne passe pas complètement à la trappe et le gouvernement s\'attache à en proposer une nouvelle mouture. Mars 2013: L\'Elysée ressort son projet de taxationLors de son allocution télévisée du 28 mars, le président de la République indique que les revenus d\'activité des salariés touchant plus d\'un million d\'euros par an seront bien taxés à 75%. Mais cette fois, la charge en reviendra aux entreprises.Bien vite, une nouvelle question se pose: qui cette nouvelle version de la taxation à 75% touchera-t-elle? Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football affirme au Parisien que ces \"PME\" que sont les clubs de footballs seraient épargnées. Ce que le gouvernement dément. Entre temps, Frédéric Thiriez, le patron de la LFP,  a chiffré à 82 millions d\'euros le coût supplémentaire d\'une telle taxe pour les clubs français soient une hausse de 30% de leurs charges.Alors que la polémique se réveille, ce 2 mars, la question de l\'assiette de cette taxe n\'est toujours pas réglée. Si Matignon a seulement précisé que \"toutes les entreprises\" sont concernées. Un flou qui promet de nouvelles contestations avant l\'arbitrage final.Pour aller plus loin:\"Taux d\'impôt excessif... la preuve par le foot\"Noah, ses impôts, et les sénateurs roublard

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