La marée noire plaide la cause de l'éolien offshore

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Le désastre de la plateforme pétrolière dans le golfe du Mexique montre plus que jamais la nécessité de développer rapidement des projets comme celui du cap Cod ». Pour Michael Brune, directeur général du Sierra Club, la plus importante association écologique des États-Unis, les Américains doivent impérativement tirer les leçons de la catastrophe intervenue au large de la Louisiane : la première économie mondiale serait inspirée de combler son retard en matière de production d'énergies alternatives, en bâtissant notamment des fermes éoliennes offshore, comme celle autorisée la semaine dernière au cap Cod par l'administration Obama, la toute première dans l'histoire du pays.« Cette annonce est une énorme victoire pour l'énergie propre », s'est félicité Michael Brune après que le ministre des Affaires intérieures, Ken Salazar, a autorisé la construction du projet « The Cape Wind ». D'un coût supérieur à 1 milliard de dollars, cette ferme qui sera située dans le détroit de Nantucket, au large des côtes du Massachusetts, doit entrer en fonctionnement en 2012. moins 700.000 tonnes de CO2 Elle permettra d'éliminer l'émission de 700.000 tonnes de CO2 par an qui auraient été sinon produites par des centrales électriques au charbon. Cet effort, qui équivaut au retrait de 175.000 véhicules des routes américaines, est sans précédent. D'une capacité de 420 mégawatts, « The Cape Wind » pourra satisfaire 75 % de la demande de la presqu'île du cap Cod et des îles de Martha's Vineyard et de Nantucket, dont d'influents habitants sont radicalement opposés au projet. Depuis une dizaine d'années, les propriétaires des riches demeures situées face à la future ferme qui sera bâtie à huit kilomètres du littoral mènent des actions en justice pour bloquer cette construction. Ceux-là ont avancé qu'elle serait néfaste pour la faune et la flore océanique, qu'elle anéantirait les industries locales de la pêche... et ferait également chuter les prix de l'immobilier de cette opulente région.Un mois avant son décès en août dernier, le sénateur démocrate Ted Kennedy, dont le bastion familial surplombe Nantucket, avait ainsi adressé une lettre à Barack Obama, l'implorant de bloquer le projet. Bien que des études aient prouvé qu'il n'aurait pas d'incidence écologique, un conseil fédéral chargé de la préservation des sites historiques a recommandé son abandon et les opposants ont juré de poursuivre leur lutte devant les tribunaux. Pour tenter d'apaiser les adversaires de ce parc qui s'étendra sur 6.200 hectares, Ken Salazar a annoncé que le nombre de ses éoliennes, d'une hauteur de 120 mètres, se limiterait à 130, au lieu des 170 initialement prévues et que ces machines seraient peintes en blanc cassé pour mieux se fondre dans le paysage.Un millier d'emplois créés« Avec cette décision, l'avenir énergétique des états-Unis prend une nouvelle direction », a plaidé Ken Salazar. Selon l'administration Obama, « The Cape Wind » permettra de créer près d'un millier d'emplois. Le projet a un fournisseur - l'allemand Siemens qui réalisera ses turbines - et un client, le réseau britannique National Grid, qui distribue déjà de l'électricité à 3,3 millions de particuliers dans le Nord-Est des états-Unis. L'enjeu est de taille pour la Maison-Blanche, qui a promis de doubler la production d'énergies renouvelables en trois ans : après cette autorisation, d'autres pourraient suivre, des projets représentant 6.300 mégawatts supplémentaires à partir d'éolien offshore étant dans les cartons. Le département de l'Energie espère que, à l'horizon 2030, 20 % de la production américaine d'électricité sera réalisé avec de l'éolien, contre 1,8 % actuellement.

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