« Un des pays les plus prometteurs »

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Guy Chardon, senior vice-president des équipements thermiques d'Alstom PowerLa filière nucléaire évoque une « renaissance » aux États-Unis. Faut-il y croire en dépit des contraintes politiques et réglementaires qui ont freiné son expansion ?Les gens ont tendance à oublier que les États-Unis disposent déjà du plus grand parc de centrales nucléaires au monde, parmi les plus efficaces. Pour Alstom, malgré ces vicissitudes épisodiques, c'est l'un des pays les plus prometteurs. Il y a eu beaucoup d'inquiétudes sur le fait que l'administration Obama freinerait ce renouveau, mais elles ont disparu. La nomination de Steven Chu [Prix Nobel de physique, Ndlr] au secrétariat d'État à l'Énergie est, de notre point de vue, un élément positif car c'est quelqu'un qui connaît bien l'énergie nucléaire et sait ce qu'elle peut apporter.Comment Alstom entend-il participer à ce renouveau ?Nous y travaillons depuis longtemps. Notre principale décision a été d'implanter notre plus importante usine de turbines à vapeur de très grande taille, propres à être utilisées par des centrales. Nous renforçons notre site Alstom de Chattanooga, dans le Tennessee, où nous avions le terrain et l'infrastructure, ce qui a limité l'investissement à 280 millions de dollars. Cet endroit est très bien placé car on peut atteindre par barge 80 % de tous les sites nucléaires américains, en accédant au fleuve Mississippi via la rivière Tennessee. Nous avons commencé la construction du site voilà deux ans et notre production doit y démarrer au deuxième trimestre 2010. L'unité occupera 350 personnes, dont beaucoup se chargeront d'ingénierie. Nos activités sont axées autour des équipements mais aussi de la réhabilitation des centrales, liée au prolongement de leur licence pour quinze ou vingt ans. À cette occasion, les producteurs changent de pièces et demandent des solutions pour mieux exploiter la puissance de leurs réacteurs. Deux d'entre eux nous ont confié des opérations de ce type : Dominion et Exelon. La Tennessee Valley Authority (TVA) figure aussi parmi nos clients importants, pour les équipements, la maintenance et la réhabilitation. Elle a beaucoup apprécié que nous nous installions près de son siège de Chattanooga.La nécessité d'obtenir des garanties fédérales pour les prêts servant à édifier des centrales peut-elle freiner vos projets ?Aux États-Unis, c'est un problème historique. Lors de la première vague de développement du nucléaire, certaines centrales ont reçu des autorisations de construction mais, au final, n'ont pas obtenu le droit d'exploiter. Des électriciens se sont alors trouvés en situation financière difficile. La nécessité d'obtenir des crédits garantis par l'État est aussi liée à la taille des opérateurs américains, restreinte par rapport à celle des Chinois ou d'EDF. Une tranche de crédits garantis de 18,5 milliards de dollars [12,5 milliards d'euros] va être attribuée par les autorités. Or l'usine de Calvert Cliffs 3 de Constellation figure parmi ces potentiels bénéficiaires. Nous réaliserons alors toute la source froide du condenseur d'un EPR.Propos recueillis par E. C.

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