Peugeot vise une année historique en Iran

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Alors que la 504 du président Ahmadinejad s'est vendue aux enchères 2,5 millions de dollars (1,8 million d'euros), Peugeot reste très discret sur ses activités en Iran. Aléas politiques obligent. Pourtant, le pays représente rien de moins que son deuxième marché mondial, derrière la France. « Peugeot pourrait vendre pour la première fois 500.000 voitures en Iran cette année », affirme à « La Tribune » Jean-Philippe Imparato, directeur des opérations internationales de la firme française. À condition, bien sûr, qu'il n'y ait pas de bouleversement politique. Peugeot y avait écoulé 467.000 véhicules l'an passé, contre 365.000 un an auparavant. La marque s'octroie environ 30 % du marché local.En fait, Peugeot a hérité de vieux accords passés du temps du chah entre la branche britannique de Chrysler et le groupe local Iran Khodro. En reprenant les activités européennes de Chrysler en 1978, le groupe PSA a trouvé dans l'escarcelle la fabrication d'une vieille Hillman Hunter des années 1960, produite jusqu'à une date récente près de Téhéran sous le nom de Peykan ! Progressivement, Peugeot a supplanté cette berline anglaise par sa 405, un modèle des années 1980, et la petite 206, y compris dans une version locale à quatre portes et coffre séparé.La 405 intégrée localementLa partie française n'est pas impliquée, financièrement et industriellement, dans les opérations. Elle fournit des pièces détachées pour une fabrication sous licence. La 405 « est intégrée localement quasiment à 100 % et la 206 à 60-80 % », selon les versions. Cela explique que, malgré des volumes de ventes aussi importants, ceux-ci génèrent seulement « 1,5 à 2 % du chiffre d'affaires [hors taxes] du groupe PSA ».Peugeot dispose d'une « petite équipe dédiée d'une quinzaine de personnes ». Son problème essentiel : veiller aux multiples démarches administratives liées aux affaires avec l'Iran. Première obligation : « Respecter la résolution 1929 de l'ONU qui prévoit tout ce... qu'on ne peut pas faire avec l'Iran. Il y a une interdiction de vendre des pièces ou matériaux à double usage », c'est-à-dire civil et... militaire. Il est également « interdit de travailler avec des personnes ou organismes » suspects. Les règles pour les transactions financières sont aussi « très strictes ». Sans parler des méandres de l'administration locale !« Il ne faut jamais quitter un pays où on est installé. Nous préparons l'avenir », lâche prudemment Jean-Philippe Imparato. Pour l'immédiat, Peugeot réfléchit à remplacer la 405 locale par une nouvelle berline compacte en préparation, destinée aux pays émergents.

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