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La business intelligence est désormais à la portée de tous

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Publié le 03 juin 2013 à 21:03 - Mis à jour le 03 juin 2013 à 21:03

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Connectée au big data et aux réseaux sociaux, mais aussi accessible par tous grâce au cloud computing, la nouvelle « informatique décisionnelle » (ou BI, pour business intelligence) est en ordre de marche.Arrivée il y a plus de vingt ans dans les entreprises, la BI a longtemps été réservée exclusivement à quelques membres des directions générales, marketing ou financière. Pourquoi ? Son déploiement coûteux et sa complexité d\'usage obligeaient les utilisateurs à faire appel à la direction des systèmes d\'information (DSI) dès lors qu\'ils voulaient produire de nouveaux tableaux de bord pour suivre leur activité. « Les entreprises ont dépensé des sommes colossales en BI. Et pourtant, seuls 25% des cadres l\'utilisent », lance Karl Van den Bergh, vice-président produits et alliances chez Jaspersoft, un éditeur de logiciels de BI. Un constat que partagent d\'autres éditeurs de BI de nouvelle génération, comme QlikTech ou Tableau Software, qui proposent des portails décisionnels Web 2.0.Des utilisateurs pleinement autonomesErgonomiques et simples d\'usage, ces nouveaux outils permettent, par exemple, aux salariés de créer, de manière autonome et en temps réel, leurs propres indicateurs ou leurs tableaux de bord. Mieux : d\'un clic, ils peuvent partager leurs rapports et entamer un travail de manière collaborative avec leurs collègues équipés de tablettes tactiles ou de smartphones. Dans ce cas, les tableaux créés sont automatiquement mis au format et à la taille de l\'écran afin de rendre la lecture plus ergonomique.De quoi démocratiser l\'usage de la BI jusque dans les ateliers de production industrielle. C\'est du moins l\'ambition de l\'américain QlikTech, qui estime que, demain, les consommateurs et salariés feront de la BI comme M. Jourdain de la prose. « Avec leurs tablettes tactiles, les opérateurs d\'un atelier de production pourront analyser les tendances de la production et visualiser en temps réel les taux de rejet », anticipe déjà René Bergniard, vice-président de la filiale française de QlikTech dont le siège social est à Radnor en Pennsylvanie, aux États-Unis. Avec ses 1480 salariés, cet éditeur compte 28 000 clients dans le monde pour un chiffre d\'affaires de 295,1 millions d\'euros, en croissance de plus de 20% par rapport à 2011.« À la différence de nos concurrents historiques, nous n\'obligeons pas nos utilisateurs à prédéfinir leurs requêtes pour créer leurs tableaux de bord, fait valoir René Bergniard. Notre logiciel QlikView laisse l\'utilisateur raisonner très simplement par association d\'idées. »L\'éditeur défend ainsi une approche baptisée business discovery (découverte du logiciel directement par l\'utilisateur). Pour que les salariés élaborent leurs requêtes, cette solution embarque des connecteurs. Lesquels sont capables d\'extraire en temps réel l\'information pertinente en se greffant non seulement sur toutes les applications métier de l\'entreprise (gestion de la relation client, marketing, logistique, service après vente, etc.), mais aussi sur les énormes sources de données externes du big data et de l\'open data (données publiques librement accessibles). De la sorte, l\'utilisateur peut enrichir les profils de ses prospects avec, par exemple, des données démographiques, géographiques ou comportementales.Idem pour Jaspersoft, dont le siège social est à San Francisco. Lauréat du prix Infoworld 2013 qui récompense les meilleures technologies de l\'année, son logiciel open source (à code source ouvert) est un des plus diffusés au monde avec 13 0000 applications actuellement en production. À la différence de la majorité de ses concurrents, son logiciel est principalement intégré dans des applications métier. « Les éditeurs représentent les deux tiers de nos 1800 clients. Le dernier tiers concerne des entreprises qui développent leurs propres applications décisionnelles, à l\'instar d\'Ericsson, de Puma ou de Veolia », explique Karl Van den Bergh. Ici également, les utilisateurs peuvent visualiser leurs données sur smartphone ou tablette tactiles.Le décisionnel « dans le nuage », c\'est tendanceMais certaines applications vont plus loin. « Grâce à notre moteur de recherche sémantique, les salariés peuvent se connecter au big data pour exploiter des données provenant par exemple de Facebook, Twitter ou de bases de données de type Insee », souligne Karl Van den Bergh, qui propose également son logiciel de BI « dans le nuage ». À cet égard, les clients de l\'offre de cloud computing d\'Amazon accèdent à ce service pour moins de 40 centimes d\'euro de l\'heure.Ce décisionnel « dans le nuage » constitue d\'ailleurs une tendance forte sur le marché de la BI. En témoigne la nouvelle offre de MicroStrategy (600 millions de dollars de chiffre d\'affaires pour 2012), un des acteurs historiques du marché à l\'instar d\'IBM, d\'Oracle et de SAP. À la différence de ces derniers qui ont racheté des technologies inventées respectivement par Cognos, Hyperion et Business Objects, MicroStrategy est resté un pure player. Présent depuis 1989 sur le marché, cet éditeur basé en Virginie (États-Unis) a développé son offre de cloud sur ses propres infrastructures de centres de données établies au Royaume-Uni et outre-Atlantique.« En France, nous avons lancé cette offre depuis le début d\'année », indique Jean-Pascal Ancelin, directeur général de Micro-Strategy France, dont Celio est le premier client. L\'autre axe de développement poursuivi par l\'éditeur porte sur la mobilité, sachant que de grandes entreprises françaises ont exprimé le désir de bénéficier d\'applications décisionnelles accessibles à distance. Une pratique déjà en cours chez certains visiteurs médicaux qui peuvent consulter et commenter en temps réel des rapports de visite sur leurs mobiles.Une percée dans les ateliers de productionDe quoi aiguiser également l\'intérêt des directeurs de sites industriels. « En France, moins de 20 % d\'entre eux sont équipés d\'outils décisionnels dédiés », estime pour sa part Stéphane Crépet, dirigeant de Productys, un éditeur basé à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Créée en 2005, l\'entreprise a vendu ses solutions à plus de 150 sociétés dans le secteur de l\'industrie. Baptisé « Productys Explorer », son logiciel est désormais disponible soit en mode SaaS (Software as a Service, logiciel loué comme un service sur Internet), soit en mode licence chez le client ou en mode hébergé.Chez Schneider Electric, les utilisateurs peuvent ainsi créer de manière autonome leurs tableaux, mais aussi visualiser en temps réel les indicateurs de production. Surtout, ils ont les moyens de les comparer d\'un site à un autre... Autre tendance forte ouverte par Productys : le partage des informations avec les opérateurs de production. C\'est notamment le cas chez Senoble, un des leaders français des desserts lactés. À l\'aide de diaporamas en temps réel s\'affichant sur des écrans TV, les salariés suivent les indicateurs de production avec les courbes de productivité, la disponibilité des équipements et le taux de rendement synthétique. Idem chez Sagemcom, qui assemble les décodeurs Canal+. Cet affichage dédramatise la BI dans les ateliers où, jusqu\'à présent, elle était perçue comme un outil de flicage.C\'est, du moins, l\'opinion de Stéphane Crépet qui prévoit la sortie en fin d\'année d\'une version pour tablettes et smartphones. Car cette pratique est déjà en marche dans les ateliers de production. En effet, sur certains sites, les chefs d\'atelier, techniciens de maintenance et autres opérateurs sont pourvus d\'outils nomades pour collecter des données de fabrication. L\'idée étant de les faire remonter en temps réel au directeur d\'usine. « Cela permet non seulement d\'optimiser le pilotage de l\'usine, mais aussi de responsabiliser les opérateurs », souligne Jérémy Saada, responsable commercial de l\'activité logiciels de la filiale française d\'Invensys. Ce poids lourd spécialisé dans les technologies de contrôle et d\'automatisation de la production compte plus de 40 000 clients opérant sur plus de 200 000 sites industriels dans le monde.À l\'instar de Productys, cet éditeur américain appartient au monde du MES (Manufacturing Execution System) ; en français : logiciel de pilotage de la production). Sa solution décisionnelle, baptisée « Wonderware EMI Software Solution », se caractérise par sa capacité à traiter en temps réel un très grand volume de données issues de différentes sources de production : automates programmables, superviseurs, bases de données techniques...« Très peu de logiciels de BI généralistes savent traiter ce type de données avec les contraintes de rapidité exigée par la production industrielle », reprend Jérémy Saada.Surtout, Invensys sait combiner ces données au système global de gestion et de finances de l\'entreprise. À commencer par celui de SAP avec lequel la plate-forme Wonderware communique de manière bidirectionnelle. Un atout pour les états-majors qui, en général, ne disposent pas d\'informations de production en temps réel.

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