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Tom Enders, le patron qui prend des décisions impossibles chez EADS

La Tribune

Publié le 03 septembre 2012 à 21:03 - Mis à jour le 03 septembre 2012 à 21:03

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18 juillet 2026

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Depuis que Tom Enders est à la tête d’EADS, ça déménage… Au propre comme au figuré. En trois mois, il a commencé à transformer radicalement le groupe européen. Et sans concession. Surtout par rapport aux Etats, français et allemand. Depuis qu’il a pris le manche le 1er juin, il a pris trois décisions, qui étaient… soi-disant impossibles à prendre. Et pas des moindres : le siège social d’EADS à Toulouse, une nouvelle chaîne d’assemblage de l’A320 aux Etats-Unis à Mobile et, enfin, le départ \"avec effet immédiat\" - soit lundi - de Stefan Zoller, son vieux rival allemand jusqu’ici protégé par le gouvernement et qui était à la tête de la branche défense très germanisée, Cassidian, au sein d’EADS. Pour le remplacer, Tom Enders fait appel à Bernhard Gerwert, qui a été  également nommé membre du comité exécutif d’EADS. Stefan Zoller qui, \"quitte le groupe pour suivre de nouveaux challenges professionnels\", dirigeait la division Défense et Sécurité du Groupe depuis 2005. Ce qui est surprenant, ce n\'est pas la décision, c\'est plutôt la rapidité avec laquelle elle a été engagée.Enders a rapidement tourné la page GalloisCa n’a donc pas traîné et Tom Enders a tourné la page Gallois très rapidement. Et ce n’est pas fini. Une réorganisation devrait être annoncée rapidement à l’automne. A l\'issue d\'échanges avec les salariés durant trois à quatre mois, il souhaite \"en parler avec le comité exécutif et le conseil d\'administration cet automne puis partager avec tous très rapidement\", avait-il écrit début juin à l’ensemble des salariés du groupe. Il ne déroge pas à ce plan de marche. \"Prendre les commandes d\'EADS signifie pour moi endosser des responsabilités plus stratégiques et moins opérationnelles, avait-il expliqué dans son courrier. Mon travail consistera désormais à piloter l\'équipe dirigeante d\'EADS, à faire évoluer la stratégie du groupe, ses objectifs, sa réputation et sa rentabilité\".En clair, c’est lui le boss et personne d\'autre. Tom Enders veut que le groupe se mette en mouvement et \"espère que certains de ces changements vont me permettre de créer une vraie communauté de leaders dans le groupe, des leaders qui ont le tempérament, les compétences et le courage de prendre des décisions, d\'assumer leurs responsabilités et d\'améliorer les performances du groupe à tous les niveaux\".Désaccord stratégique ?Ce sera donc le cas de Bernhard Gerwert, un proche de Tom Enders. \"Pour cette succession, nous n’avons pas eu à chercher longtemps, explique le patron d’EADS dans le communiqué de Cassidan. Il n’y avait pas de meilleur choix que Bernhard Gerwert. Sa connaissance du groupe et du secteur de la Défense et Sécurité n’a pas d’égal. Il est impératif que nous nous focalisions sur les secteurs où nous pouvons fournir des revenus constants avec des marges importantes. Bernhard a fait preuve à maintes reprises de remarquables compétences managériales ; sa crédibilité et son image à l\'intérieur et à l\'extérieur du groupe sont excellentes. Il n’a pas seulement mon entier soutien, mais aussi celui de l\'ensemble du conseil d\'administration pour ce nouveau challenge. Bernhard apportera de nouvelles directions et impulsions à Cassidian\".Au-delà de la rivalité entre les deux hommes, le départ de Stefan Zoller signifie clairement le désaccord stratégique entre les deux hommes sur l’avenir de Cassidian. C’est ce qu’il faut lire entre les lignes de sa déclaration dithyrambique en faveur de Bernhard Gerwert. Car rééquilibrer les activités défense et civiles, qui était l’un des vœux en 2007 de Louis Gallois à travers la fameuse \"Vision 2020\" d’EADS, a semble-t-il vécu. Le portefeuille du groupe est \"fortement dépendant d’Airbus, qui représente plus de 64 % de son chiffre d’affaires, ce qui entraîne une vulnérabilité importante liée aux cycles de l’aviation commerciale et aux charges financières des programmes aéronautiques\", expliquait-on alors chez EADS.L\'impossible équation du rééquilibrage des acticités civiles et militairesQuatre ans plus tard, l’équation du rééquilibrage semble impossible… à moins d’une méga-acquisition dans le domaine de la défense et sécurité. Fin 2011, Airbus représente encore 67,4 % du chiffre d’affaires d’EADS. Soit 33,1 milliards des 49,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires de l’an dernier. Et 63,4 % pour la seule activité civile (hors Airbus Military), en hausse de 12,6 % par rapport à 2010. Dans le même temps, Eurocopter représente 11 %, Astrium 10,1 % et Cassidian 11,8 % du chiffre d’affaires d’EADS.En outre, la croissance des ventes du groupe européen (+ 3,3 milliards, à 7,4 %) est principalement liée à la division civile d’Airbus (+ 12,6 %). C’est moins flagrant pour l’ebit, la contribution d’Airbus étant seulement de 34,4 %. En revanche, en termes de prises de commandes, Airbus écrase toutes les autres activités d’EADS (72 %). \"Ce que l’on sait, c’est que, sur le long terme, Airbus est en croissance. C’est balistique. Le marché va croître de 4,5 % à 5 % par an sur les vingt prochaines années\", développe un haut dirigeant d’EADS. Ce qui n’augure donc pas un possible rééquilibrage d’autant qu’Airbus met le cap sur le développement de ses activités de services, et plus précisément sur la maintenance et l’assistance de la flotte airbus. Bref, comme on le souligne chez EADS, \"la Vision 2020 est morte\".Cassidian a-t-il un avenir ?Quel avenir pour Cassidian. En principe, EADS va garder des activités de défense. La question est de savoir si le groupe va conserver sa filiale défense à part entière. Sauf si EADS peut jouer à nouveau un rôle pivot dans la consolidation européenne dans les activités de défense alors que l’on prête au gouvernement la volonté de marginaliser Dassault Aviation en France. Car aujourd’hui Thales, DCNS et bientôt Nexter sont dans son orbite. Autre inquiétude, Cassidian, l\'un des trois actionnaires du consortium Eurofighter, est en train de perdre le contrat du siècle en Inde, qui a choisi en janvier d\'entrer en négociations exclusives avec Dassault Aviation pour la vente de 126 avions de combat. Ce qui met Cassidian en réelle difficulté, car faute de contrat export significatif et de la commande de la tranche 3B (124 appareils), les quatre chaînes d\'assemblage de l\'Eurofighter devraient fermer vers 2018. Toutefois, pour gagner à l\'export, le Typhoon (version export) doit devenir un avion multirôle. Ce qu\'il n\'est pas tout à fait encore avec une mission air-sol encore trop légère pour pouvoir exister à l\'export.

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