Subprimes : Washington va réclamer cinq milliards de dollars à Standard & Poor's

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L'heure est aux règlements de comptes. Lundi, S&P a annoncé qu'elle allait faisait l'objet d'une procédure judiciaire des autorités américaines concernant la sous-évaluation de certains actifs immobiliers à l'origine de la crise des subprimes. Et mardi, confirmant l'information, l'attorney general (le ministre de la justice) des Etats-Unis, Eric Holder, a fourni le montant que le gouvernement comptait réclamer à l'agence de notation : 5 milliards de dollars.Dans un communiqué, l'agence américaine précise que le Département de la Justice l'a informée qu'il déposerait une plainte civile contre elle. S&P précise qu'elle "se défendra vigoureusement" contre des accusations qu'elle juge aussi "erronées" qu'"injustifiées". Selon le Wall Street Journal, cette plainte pourrait intervenir dans la semaine. Une plainte à laquelle se joindraient les procureurs de plusieurs Etats américains.Une trop forte expositionDans son communiqué, S&P a précisé que la plainte du ministère se concentrait "sur ses notations en 2007 de certaines obligations américaines adossées à de la dette", aussi appelées CDO (Collateralized Debt Obligations). Ces titres financiers étaient basés sur des montages financiers complexes et liés à des emprunts immobiliers à risques dits "subprime". Pour mémoire, l'exposition très élevée de nombreuses banques à ce type de produits avait été l'une des causes principales de la crise financière mondiale qui avait débuté en 2007-2008, conduisant à la faillite de banques comme Lehman Brothers mais aussi à la ruine de nombreux épargnants.Or, les grandes agences de notation (S&P, mais aussi ses concurrentes Moody's et Fitch) ont été beaucoup critiquées pour ne pas avoir vu venir la crise. Et les législateurs des deux côtés de l'Atlantique ont tenté d'en tirer les leçons en régulant davantage leur activité. Mais ce serait la première fois que l'une d'entre elles serait traînée directement devant la justice par les autorités américaines, qui jusqu'ici s'en étaient surtout prises aux banques.S&P "regrette profondément"Dans son communiqué, S&P assure qu'elle "regrette profondément que ses notations des CDO aient échoué à anticiper totalement la rapide détérioration des conditions sur le marché hypothécaire américain durant cette période tumultueuse". Toutefois, l'agence fait valoir que ses analystes "ont travaillé avec diligence pour faire face à un environnement sans précédent, changeant rapidement et de plus en plus volatil".

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