Attractivité : et si la France commençait à décrocher ?

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C'est l'une des fiertés du gouvernement, c'est aussi un des éléments qu'il avance régulièrement pour redonner confiance aux Français : malgré la pression fiscale, supérieure à la moyenne européenne, malgré l'instabilité juridique, réglementaire et aussi fiscale, la France fait partie des terres d'accueil privilégiées des investissements directs étrangers. Jusqu'à quand ? La question se pose si l'on observe la partie France du baromètre de l'attractivité européen d'Ernst & Young, pudiquement appelé "France : dernier appel".La France est encore sur le podiumConcrètement, 471 projets d'implantation internationale ont été enregistrés en France en 2012, un chiffre en recul de 13% par rapport à 2011 et les 10.540 emplois associés à ces projets, correspondent à une chute de 20%. "La France conserve ainsi sa troisième place au classement, mais passe au cinquième rang en termes d'emplois créés, derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne, mais également la Russie et la Pologne" , constate Marc Lhermitte, associé au sein du cabinet de conseil. Avec 274 projets, l'Espagne se classe en quatrième place. Peut-elle talonner la France ? Il l'envisage, à moyen terme. A titre de comparaison, l'Europe n'enregistre qu'un léger fléchissement des implantations internationales (-3%).Comment expliquer cette dégradation de l'attractivité tricolore ? "Contrairement à ses deux voisins et concurrents, la France peine à attirer les investisseurs des pays émergents. Les entreprises indiennes préfèrent s'implanter au Royaume-Uni et leurs homologues chinoises en Allemagne", poursuit l'expert constatant une insatisfaction record des clients déjà implantés. Ils sont 34% à se déclarer mécontents de leur choix.Le crédit impôt recherche est copiéLes atouts traditionnels de la France ont-ils disparu ? Pas réellement. La situation géographique de la France, la qualité de ses infrastructures sont toujours plébiscitées. Problème, ces avantages dynamisent surtout les métiers de la logistique, assez peu créateurs d'emplois. L'industrie est-elle boudée ? Même pas. La France reste certes la première destination des implantations industrielles en Europe mais leur nombre chute de 25%. Ernst & Young en a recensé 127 en 2012, contre 170 en 2011. Les créations d'emplois dans le secteur manufacturier se sont effondrées de 54% pour s'élever à 3.605 l'année dernière... "Les investissements sont encore nombreux mais ils sont très prudents, peu créateurs d'emplois".Quant au crédit impôt recherche (CIR), qui selon le gouvernement est un véritable "aimant" à IDE, il est aujourd'hui fortement concurrencé. "Nos voisins ont soit copié le dispositif, c'est par exemple le cas de l'Espagne, soit ils ont créé des outils tout aussi attractifs", explique Marc Lhermitte.Des mesures à prendreCette perte de vitesse est-elle irréversible ? Interrogés par le cabinet de conseil, 20% des dirigeants recommandent au gouvernement d'alléger le coût du travail, 19% un allongement de la fiscalité des entreprises et 13% un assouplissement de l'environnement administratif et juridique des entreprises. "La question du coût du travail est sensible. Il faut bien avoir en tête que le coût horaire de la main d'œuvre est inférieur à 25 euros au Royaume-Uni quand il dépasse les 35 euros en France", précise Marc Lhermitte qui constate une perte d''influence de la France dans un certain nombre de secteurs.  "Pour les investisseurs, le Royaume-Uni est la référence dans la finance et la high tech et l'Allemagne un modèle industriel. Quant à la France, elle souffre d'une image désormais brouillée", observe Marc Lhermitte. 

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