La montée de Marine Le Pen inquiète à droite et à gauche
La Tribune
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Un sondage plaçant la présidente du Front national Marine Le Pen en tête du premier tour de la présidentielle de 2012 en France suscite le trouble à droite comme à gauche. Elle recueillerait 23 % des voix, contre 21 % pour Nicolas Sarkozy (qui bat actuellement des records d'impopularité) comme pour la première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry, selon l'enquête de l'institut Louis Harris publiée par « Le Parisien-Aujourd'hui en France ». De quoi rappeler 2002, quand Jean-Marie Le Pen avait éliminé avec près de 17 % des voix le candidat socialiste Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle.Politologues et spécialistes des sondages rétorquent que l'enquête retient deux hypothèses incertaines : la candidature au PS de Martine Aubry et non de Dominique Strauss-Kahn, potentiellement plus populaire, et la présence à droite de Dominique de Villepin, qui obtiendrait 7 %. « Coup de semonce »Cependant, l'enquête montre, selon eux, que Marine Le Pen a élargi l'espace politique occupé par son père. « Elle bénéficie du fait que, dans les autres partis politiques, personne n'est pour l'instant prêt », a dit sur France Info Pascal Perrineau, président du Cevipof, le centre de recherches sur la vie politique française.Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a minimisé, sur Radio J, l'importance du sondage et appelé ses militants à garder leur calme : « C'est un sondage parmi d'autres. Personne n'est dupe du rôle qu'on essaye de donner aux sondages dans notre démocratie. » « Je pense qu'il faut prendre ce sondage comme un coup de semonce, un avertissement et donc qu'il ne faut pas le prendre à la légère. Je pense que c'est le symptôme d'un malaise profond », a estimé le président du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault sur France Info.Marine Le Pen a déclaré sur iTélé que ce sondage montrait, à ses yeux, que Nicolas Sarkozy ne pouvait plus gagner l'élection et a appelé ses électeurs à la soutenir : « Effectivement il y a une vague, et personne ne peut savoir aujourd'hui jusqu'où cette vague va aller. »
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