Le Chili décidé à confier aux investisseurs étrangers l'extraction de son lithium

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Certains en parlent déjà comme du pétrole du XXIe siècle. Le lithium, ce métal mou de couleur grise, a connu ces dernières années une ascension fulgurante grâce à des prix et une demande (+7%) en constante augmentation depuis 2001. S\'il équipe déjà la majeure partie des batteries de nos téléphones portables, ordinateurs ou tablettes numérique, c\'est aujourd\'hui sur le marché des batteries de voitures électriques que le métal gris espère bâtir son succès.Si quelques centaines de gammes suffisent pour la batterie d\'un ordinateur portable, celle d\'une voiture électrique est environ 100 fois plus importante. Et selon différentes études, le rythme de production de ces nouveaux véhicules électriques devrait atteindre entre 1,5 millions et 3 millions d\'unités à l\'horizon 2015, et entre 5 à 10 millions d\'ici 2020.Gisements concentrés au nord dans le désert de l\'AtacamaPour le Chili, premier producteur mondial de lithium, l\'exploitation de ce métal stratégique est passée au premier plan au début de l\'été avec le lancement d\'un appel d\'offre national et international pour l\'exploitation des gisements de lithium, principalement concentrés au nord du pays, dans le désert de l\'Atacama. Dès le 24 septembre 2012, le gouvernement de Sebastian Piñera devrait officiellement attribuer de nouvelles concessions, assorties d\'un droit d\'extraction de 100.000 tonnes de lithium sur 20 ans et de 7% de royalties pour l\'Etat chilien.L\'appel d\'offre ne porte que sur une partie restreinte des 7,5 millions de tonnes des réserves estimées du pays, selon les chiffres de l\'Office américain des ressources géologiques (USGS). Il devrait toutefois donner un coup de fouet à la production du pays qui, malgré son statut de premier producteur mondial, n\'a généré en 2011 que 12.600 tonnes de lithium.La concession à des intérêts privés fait débatPour autant, la décision du gouvernement de laisser aux mains d\'investisseurs privés l\'exploitation de cette ressource classée stratégique depuis les années 1970 soulève de nombreuses objections. De plus, le pays a déjà privatisé la quasi totalité de ses ressources naturelles, à l\'exception de 30% de son industrie du cuivre.Alors que ses voisins la Bolivie et l\'Argentine, les deux autres futures puissances sur le marché du lithium, ont laissé aux mains de l\'Etat l\'exploitation de leurs réserves de lithium, le Chili ne devrait quant à lui récupérer de ses nouvelles concessions qu\'environ 350 millions de dollars grâce aux 7% de royalties.Le français Bolloré candidat?Un bénéfice estimé insuffisant par les députés de l\'opposition ainsi que les représentants de la confédération des salariés du cuivre. Ces derniers appellent depuis le début de l\'appel d\'offres à une hausse de la royaltie imposée sur les futures concessions ainsi que la mise en place de politiques publiques afin de développer la production de batteries 100% chiliennes, le véritable relais de croissance du marché du lithium.Du côté des investisseurs, l\'appel d\'offres a aiguisé l\'appétit de nombreuses compagnies. Ce sont plus de 66 dossiers de candidatures qui ont été retirés par des entreprises majoritairement sud-coréennes, chinoises et américaines, a affirmé le ministre des Mines Pablo Wagner. Parmi les candidats déclarés, l\'entreprise nationale et premier producteur mondial de cuivre Codelco a affirmé « regarder le projet d\'exploitation du lithium avec beaucoup d\'intérêt » et espère remporter la mise. Le français Bolloré, qui s\'était d\'abord intéressé aux projets d\'extraction en Bolivie, serait également sur les rangs.

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