Malgré la crise, le coréen Hyundai-Kia fait tourner ses usines à plein régime

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Alors que Renault, PSA, Fiat ou Opel souffrent, le constructeur automobile coréen Hyundai-Kia ignore les surcapacités et les fermetures d\'usines. « Tous nos sites tournent à plus de 100% des capacités. Le groupe va produire 7,1 millions de véhicules cette année (contre 6,6 millions en 2011), pour un potentiel industriel installé de... 7 millions (en deux équipes) », affirme Seung-Tack Kim, vice-président de Hyundai Motor en charge de l\'international, dans le cadre d\'une visité en Corée du « Jury (européen) de la voiture de l\'année » - dont nous faisons partie. « Nous devons donc recourir à des heures supplémentaires. Cette saturation des capacités de production explique que nous affichions la deuxième meilleure marge opérationnelle de tous les constructeurs automobiles, derrière BMW (et en excluant Porsche, Ndlr) », s\'enorgueillit le dirigeant. « Nous ne voulons pas de surcapacités, qui puissent peser sur nos prix de vente ».Deux nouvelles usinesPourtant, cette année, le consortium aura démarré encore deux nouvelles usines : son troisième site en Chine (d\'une capacité de 300.000 unités) et, en septembre dernier, son premier au Brésil (potentiel de 150.000). Il aura également accru ses installations aux Etats-Unis et en Turquie. La firme a d\'ailleurs investi 475 millions d\'euros dans ce dernier pays, notamment pour y produire un tout nouveau petit modèle d\'entrée de gamme fin 2013, centré sur le marché européen, avec pour cible désignée la Renault Twingo ! 100.000 unités annuelles sont prévues sur le site turc.Bénéfice en hausseAvec son énorme trésor de guerre (bénéfice net au troisième trimestre en hausse de 13% à 1,5 milliard d\'euros pour la marque Hyundai et en progression de 28% à 580 millions pour Kia), le groupe n\'a pas seulement multiplié les usines, mais aussi les modèles, avec six à huit nouveaux produits par an, tout en réduisant le nombre de plates-formes à six - contre dix plates-formes dans un passé récent, selon les données du constructeur. Avec de grosses économies d\'échelle à la clé, puisque « nous produisons plus 2 millions de voitures annuellement sur la plate-forme des compactes, 500 à 600.000 sur celle des petits modèles », nous explique Woong-Chul Yang, vice-président en charge de la recherche et du développement de la marque Hyundai.Modèles régionauxDe plus en plus, Hyundai-Kia lance des produits « régionaux ». La future petite voiture produite en Turquie (et aussi dans une version dérivée en Inde pour le marché local) sera spécifique à l\'Europe. De même, la firme vient de commercialiser la HB20, un petit modèle conçu pour le Brésil. En 2012, Hyundai-Kia a déjà commercialisé deux nouveaux modèles compacts typés pour le Vieux continent, étudiés en Allemagne et produits en République tchèque et en Slovaquie (Hyundai i30 et Kia Cee\'d) avec des dérivés break.Championnat des rallyesRien ne semble arrêter Hyundai-Kia, qui, non content d\'être partenaire de la Coupe du monde de football jusqu\'en 2022, va se lancer en 2014 dans le Championnat mondial des rallyes avec une i20 WRC... sur les traces de Citroën et de Sébastien Loeb. « Nous nous donnons trois ans pour gagner. Ca aura un impact surtout sur notre image en Europe », souligne Seung-Tack Kim, qui précise : « nos deux marchés prioritaires sont les Etats-Unis et l\'Europe ». Le groupe compte écouler à peu près 450.000 Hyundai sur le Vieux continent cette année et 600 à 700.000 d\'ici à la fin de la décennie, mais aussi 350.000 Kia en 2012 et 500.000 vers 2016. Clés du succès : des produits bien ciblés (Kia Rio par exemple dans la catégorie des Renault Clio, Hyundai i30 dans celle des Renault Mégane), garantis cinq ans pour Hyundai voire sept pour Kia (mais avec un kilométrage limité), soigneusement conçus, dont la qualité progresse fortement et vendus certes plus cher qu\'auparavant, mais affichant encore un rapport équipements-tarif compétitif. En Europe, le groupe s\'octroie d\'ores et déjà près de 6% du marché, dépassant Toyota et Mercedes. Aux Etats-Unis, il se hisse au rang de sixième constructeur. En outre, il se retrouve à la « la deuxième place en Russie et en Inde, la troisième en Chine », précise Seung-Tack Kim, qui s\'affirme toutefois plus modeste que... Volkswagen, même si l\'allemand sert de référence pour le groupe en Europe.Pas la première placeHyundai-Kia assure ne pas briguer en effet le premier rang mondial. « Nous ne comptons pas vendre autant que Volkswagen », indique Seung-Tack Kim, comme si le groupe voulait éviter de se montrer arrogant et risquer d\'être trop montré du doigt par les concurrents et donc de devenir une cible potentielle pour des pouvoirs publics nationaux exaspérés d\'une offensive trop voyante ! On n\'oublie pas la mésaventure de Toyota en 2009 aux Etats-Unis, qui, faisant l\'objet soudain d\'une vague de patriotisme contre lui, sous le prétexte indirect que ses succès auraient nui à GM ou Chrysler, l\'avait obligé à rappeler des millions de véhicules pour des accidents présumés. Au grand dam des ventes. Une enquête publique américaine l\'a certes finalement blanchi... mais, trop tard. Le mal était fait.Ne pas hérisser Arnaud MontebourgPour éviter de passer pour celui dont les succès mettraient à mal l\'industrie auto européenne, Seung-Tack Kim souligne à l\'envi que « 12% de nos ventes en Europe seulement sont réalisées avec des véhicules importés »... de Corée. Et « la très grande majorité des composants de nos modèles construits en Europe ne vient pas de Corée », non plus. A bon entendeur, alors que le ministre français du Redressement productif Arnaud Montebourg avait récemment tancé les Coréens pour avoir beaucoup trop profité - et à sens unique - de l\'accord de libre-échange Europe-Corée. 56% de la production du groupe est réalisée aujourd\'hui hors de Corée

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