Ces camps qui font honte à la France

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Rivesaltes, Gurs, Les Milles... Autant de noms tombés dans les oubliettes de l'Histoire. Il faut dire que cette histoire-là est assez honteuse : entre novembre 1938 et mai 1946, près de 600.000 personnes ont été internées par mesure administrative en France dans près de 200 camps répartis sur tout le territoire national. Elles n'avaient commis aucun crime mais étaient censées représenter un danger potentiel pour l'État. Républicains espagnols fuyant le franquisme triomphant, Allemands et Autrichiens refusant le nazisme, communistes français, puis des juifs et des Tziganes. Après la Libération, des collaborateurs et des trafiquants de marché noir y ont succédé aux victimes de Vichy.C'est cette France des camps que raconte le documentaire de Denis Peschanski et Jorge Amat, diffusé ce soir sur France 2 en deuxième partie de soirée. Témoignages et images d'archives (rares) ressuscitent ce passé occulté. On y découvre que la vie y était extrêmement rude. Et que les gendarmes français ne brillaient pas par leur humanisme. Surtout, le documentaire insiste sur les repères chronologiques. Car ces internements ont commencé sous la IIIe République finissante avec l'arrestation de républicains espagnols ou de ressortissants autrichiens et allemands qui seront ensuite « remis » aux nazis.Quant au régime de Vichy, avant même d'être un parfait zélateur et cogérant de la politique nazie envers les juifs (ceux internés en zone non occupée seront ensuite livrés aux Allemands en zone Nord pour être déportés), il utilisera le camp comme instrument de la politique d'exclusion des forces dites de « l'anti-France » (juifs, communistes, étrangers).Un grand moment d'émotion à signaler dans ce documentaire : la déportation des enfants juifs décidée par Vichy. D'abord séparés de leurs parents dans les camps de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers (Loiret), ils sont transférés, seuls, à Drancy (le témoignage d'Odette Daltroff-Baticle, assistante sociale, est bouleversant) avant d'être tous envoyés à Auschwitz. Pas un seul ne reviendra.Jean-Christophe Chanut

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