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Le prix de l'électricité doit-il monter ?

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Publié le 08 mars 2011 à 20:26 - Mis à jour le 08 mars 2011 à 20:26

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Point de vueLe prix de l'électricité ne cesse de monter créant, dans un pays où le chauffage électrique a été sans cesse encouragé, un accroissement des situations de précarité énergétique. Certes, par rapport à nos voisins européens, l'électricité française paraît peu coûteuse puisque l'amortissement des centrales nucléaires a créé une vraie rente nucléaire, financée par le contribuable mais captée par EDF qui l'utilise dans un but de profitabilité pour ses actionnaires et de moins en moins pour le marché intérieur. La faiblesse de ce prix doit être très relativisée car le coût de production est dans la moyenne européenne et c'est le niveau des taxes qui fait la différence. Affirmer que l'électricité produite en France est la moins chère d'Europe est inexact car le prix de production est plus « subventionné » que la moyenne. Il l'est d'autant plus que la recherche est financée sur fonds publics et n'est donc pas une composante du prix de l'électricité.Aujourd'hui, relever le prix de l'électricité est-il justifié ? Sur un plan théorique, et pour encourager la sobriété énergétique, on pourrait répondre que cette hausse s'inscrit dans une politique de développement durable. Ce serait vrai si cela s'accompagnait d'un effort massif de découragement du chauffage électrique au profit des énergies renouvelables (ENR), d'une politique très vigoureuse en matière d'économie d'énergie et de traitement social de la précarité énergétique. Or, c'est tout le contraire qui se produit. C'est d'abord l'isolation de l'habitat qu'il faut privilégier. Notre retard est abyssal : absence de comptage de l'eau chaude de chauffage dans les immeubles, inexistence d'une industrie des composants de haute performance énergétique et des isolants de qualité, réglementation du renouvellement d'air absurde transformant les habitats en passoires à tous les vents... Pire, on a favorisé l'essor du chauffage électrique dans l'ancien sans rénovation thermique sérieuse. Le développement de compteurs intelligents par EDF, après la condamnation de son concurrent par la CRE (Commission de régulation de l'énergie), ne permet pas, comme en Allemagne ou aux États-Unis, de choisir son producteur et son électricité (verte en particulier). Dès lors, pourquoi cette hausse qui atteindra les 20 %, comme le veut le président d'EDF ? Les justifications sont parfaitement mensongères : d'abord, les investissements à faire dans les centrales pour allonger leur durée de vie. Mais c'est un profit immense et les exploitants allemands paient la collectivité pour allonger la durée de vie des centrales ! Ensuite, le financement des ENR. Mais la CSPE (contribution au service public de l'électricité) ne sert que très peu aux ENR. Elle assure surtout le soutien de la cogénération (668 millions d'euros en 2010 contre 120 millions pour le solaire photovoltaïque) et avant tout les surcoûts résultant de l'achat par EDF d'électricité pour subvenir aux périodes de pointe et des tarifs préférentiels Tartam pour les grandes entreprises. Et ce, aux frais de la solidarité. Alors quelle est la vraie raison ? EDF a sacrifié le réseau national et les investissements dans les centrales au bénéfice d'un déploiement à l'international malchanceux et onéreux. Citons ses acquisitions outre-Atlantique (4,5 milliards) sans aucune garantie, au contraire, qu'un projet de construction de centrale nucléaire voie le jour. Ce qui a conduit EDF à délaisser la France et l'entretien des réseaux de distribution ou du parc nucléaire. Non seulement nous avons pâti des choix stratégiques d'EDF physiquement, mais nous sommes invités à en payer la facture. La hausse du prix à cause de la concurrence et des nouvelles obligations liées à la loi Nome est aussi avancée. Il est vrai qu'EDF devient l'arroseur arrosé. Le coût réel de production du nucléaire a été sous-évalué à 34 euros le MWh (prix vanté par l'opérateur pour justifier l'avantage du nucléaire par rapport aux autres énergies)... EDF réclame aujourd'hui un prix d'achat de 50 euros considérant que le coût réel est de 46 et celui du MWh des nouvelles centrales de 55. Ses concurrents refusent. Le prix devrait être fixé dans les prochains jours. Mais comme EDF s'est en fait débarrassé de l'obligation de constituer des provisions pour l'aval du cycle et s'est attribué comme un bénéfice propre l'investissement des contribuables pour constituer la rente nucléaire, il est gagnant à 40-42 euros. Il serait donc tout à fait choquant et inéquitable de demander à ces mêmes usagers de remettre la main à la poche. Le citoyen paierait alors trois fois : comme contribuable au démarrage, comme usager avec la hausse des tarifs réglementés et comme assureur final avec le risque nucléaire et le coût effectif du démantèlement.

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