La Pologne, éprouvée mais stable

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L'accident d'avion qui, samedi, a décapité l'État polonais, mais aussi l'armée, la banque centrale et une partie du Parlement a suscité une immense émotion en Pologne et dans le monde. Difficile de ne pas évoquer la fatalité quand les plus hautes autorités du pays vont mourir dans la forêt de Katyn, là où 15.000 officiers polonais ont été assassinés par le NKVD sur ordre de Staline il y a 70 ans (7.000 autres gisent dans d'autres charniers). La commémoration historique est une composante du drame?: le pilote a peut-être jugé impossible de dérouter l'importante délégation qu'il transportait, d'où son obstination à atterrir à Smolensk malgré le temps exécrable. Quoi qu'il en soit, la Pologne endeuillée se révèle singulièrement forte. Les institutions ont parfaitement fonctionné?: le gouvernement de Donald Tusk poursuit son travail, le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim à la tête de l'Etat. Le pays est membre de l'Union européenne et de l'Otan, son économie est la plus puissante de la « nouvelle Europe » et la seule du continent qui ait traversé la crise sans récession. À ces facteurs de stabilité s'en ajoute un tout récent?: le rapprochement avec la Russie. Dimanche, un Vladimir Poutine plein de compassion a accueilli Donald Tusk sur les lieux de l'accident. Quatre jours plus tôt, les deux hommes avaient rendu hommage aux victimes de Katyn, geste qui avait surpris de la part du Premier ministre russe plutôt coutumier d'une lecture « soviétique » de la Seconde Guerre mondiale. C'est pour n'avoir pas voulu s'associer à cette commémoration que le président Kaczynski se rendait séparément à Smolensk. Le parti libéral, avec lequel il vivait une cohabitation assez tendue, se retrouve seul à la tête des institutions. La présidentielle qui se tiendra d'ici juin sera forcément influencée par la tragédie, surtout si le frère jumeau du président Kaczynski, Jaroslaw, ancien Premier ministre, choisissait d'entrer en lice. sgherardi@latribune.frSophie Gherard

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