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L'élection présidentielle en Iran, un risque pour le marché actions

La Tribune

Publié le 13 juin 2013 à 21:02 - Mis à jour le 13 juin 2013 à 21:02

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18 juillet 2026

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Toujours à la recherche du facteur exogène qui pourrait prendre de court les marchés actions, les analystes ont peut-être trouvé en l\'Iran un candidat parfait à cette place, à la veille de l\'élection présidentielle du 14 juin 2013. Une radicalisation ou une modification de la gouvernance pourrait en effet faire sauter le fragile équilibre qui règne encore dans la région.Pour expliquer la situation, il faut tout d\'abord rappeler que l\'économie iranienne, mise à mal par l\'impact de l\'embargo occidental, s\'est contractée de 1,9% en 2012 et devrait se contracter encore de 1,3% cette année. Malgré tout, le FMI estime que les perspectives sont bonnes pour 2014 avec un taux de croissance attendu de 1,1%. Face aux sanctions sur le pétrole, on constate une très nette augmentation des exportations non pétrolières. Si plus de 30% de celles-ci sont des produits pétrochimiques, on remarque également la forte progression de minerais, matériaux de construction, produits manufacturés et agricoles.Une monnaie qui décrocheSi l\'on parle de l\'Iran, l\'on ne peut ignorer sa monnaie : le Rial, qui a connu un premier décrochage sur le marché parallèle depuis l\'automne 2010, et a continué de se dévaluer en 2012 avec une très légère reprise en 2013. Pour faire face à ces difficultés, la Banque iranienne a rétabli un rationnement des devises et seules les importations jugées prioritaires peuvent bénéficier de devises à un taux subventionné, les autres devant s\'adresser au marché parallèle. Parler de l\'Iran, c\'est aussi parler de l\'inflation. En effet, l\'accélération de l\'inflation résulte, pour une large part, de la hausse des prix des produits importés. L\'inflation a très fortement accéléré en 2012 (plus de 60% pour certains produits de premières nécessités).Les deuxièmes réserves pétrolières au mondeEn termes de ressources, l\'Iran tire 85% de ses rentrées en devises des ventes de son pétrole (70% du budget annuel) et possède les deuxièmes réserves de pétrole conventionnel au monde (11%). Le pays recèle également 15% des réserves prouvées de gaz, les plus importantes du monde après celles de la Russie. Enfin, en plus des hydrocarbures et des produits pétrochimiques, l\'Iran exporte essentiellement des pistaches, des tapis, de l\'aluminium...Le développement de l\'économie iranienne est aussi frappé par un embargo occidental sur ses exportations de pétrole, en vigueur depuis juillet 2012 (voir depuis la fin 2011 de la part de l\'Union européenne). Tous les secteurs d\'activité en souffrent. Les sanctions ont entraîné en deux ans une dépréciation de 80% de la monnaie nationale ce qui à, paradoxalement, favorisé la compétitivité des produits iraniens à l\'export. L\'Agence internationale de l\'énergie (AIE) a estimé que les sanctions internationales avaient coûté 40 milliards de dollars à l\'Iran en 2012. Les réactions iraniennes ne se sont pas faites attendre. Dans un premier temps, les autorités ont tourné en dérision ces sanctions, en déclarant que la République islamique en avait l\'habitude depuis sa naissance et qu\'elle est parfaitement rodée pour y faire face. Le ton a cependant changé depuis 2012. Ali Khamenei, le guide de la République islamique, a en effet reconnu implicitement la gravité des sanctions en préconisant la mise en place d\'une «économie de résistance».L\'Iran à l\'offensive: développer le commerce avec l\'Asie, l\'Afrique...Aujourd\'hui, en réponse aux sanctions, et fort de ses réserves de change de 100 milliards de dollars, l\'Iran est passé à l\'offensive en décidant de développer davantage ses investissements et exportations en direction des pays émergents. Le calcul et le pari iranien sont assez simples: développer le commerce avec l\'Asie, l\'Afrique et le Moyen-Orient devrait permettre à l\'Iran d\'éviter les sanctions internationales et de diversifier la structure de ses échanges hors hydrocarbures, notamment dans les secteurs miniers, agricoles et industriels. Si l\'on se focalise sur la politique appliquée par Mahmoud Ahmadinejad, les critiques qui lui sont adressées sont de plusieurs ordres: suppression de plusieurs organismes, engagement d\'amis aux postes clés au lieu de placer des experts, prises des décisions de manière trop précipitée, non gestion du secteur bancaire, chiffres du chômage (surtout des jeunes), l\'inflation (galopante) et la croissance (plutôt vers 5% que vers 10), importation massivement pour tenter de combler les défaillances de la production nationale, manque de versement de subvention aux entreprises, manque d\'efficacité quant à la mise en place de réformes et finalement le fait de ne pas avoir fait le ménage sur un sujet tel que la corruption.Les rouages de la présidentielleL\' élection présidentielle arrivant à grands pas, il faut en comprendre les rouages. En effet, contrairement aux autres pays, la durée de la campagne électorale en Iran est de seulement quatre à cinq semaines. L\'élection, à deux tours, est précédée par l\'examen des candidatures par le Conseil des gardiens de la Constitution. Les candidats doivent adhérer pleinement au régime et être de bons musulmans. Ils doivent en outre avoir «un bon passé» et figurer parmi les «Rédjal» (personnalité éminentes) politiques et (ou) religieuses.L\'élection aura donc lieu ce 14 juin, en même temps que les élections municipales et locales. 683 candidatures sont à dénombrer cette année, dont la majeure partie ont été invalidées. Les candidats retenus appartiennent en majorité au camp conservateur. Au nombre de ceux-ci on en compte six: l\'ex-chef de la diplomatie (1981-1997) Ali Velayati, le maire de Téhéran Mohammad Bagher Ghalibaf, le négociateur en chef du dossier nucléaire, Saïd Jalili, Mohsen Rezaï, candidat «conservateur indépendant», Hassan Rohani (conservateur), Mohammad Gharazi (conservateur), âgé de 72 ans, c\'est le doyen des candidats. Cette année, il faut noter - et c\'est important - qu\'ont été exclu par le Conseil des Gardiens de la Constitution : Esfandiar Rahim Mashaei, protégé du président Ahmadinejad (52 ans) et Hachémi Rafsandjani (79 ans), élu président du Parlement dès 1980. Officiellement, son âge serait la raison principale...Ces exclusions (surtout celle de Mashaei) démontrent que le gouvernement ne tolère plus aucune contradiction, l\'élection d\'Ahmadinejad ayant quasiment exclu l\'Iran de la scène internationale.Un enjeu primordial pour le paysL\'enjeu de cette élection est primordial pour l\'Iran qui se doit de revenir sur le devant de la scène autrement que par les menaces nucléaires et les déclarations concernant Israël. Si les élections sont déjà jouées d\'avance, deux scénarii émergent une fois le nouveau président élu.  Selon le premier, le camp conservateur gagne les élections et tente de regagner les faveurs de la communauté internationale en essayant de ne pas perdre la face. Cette phase prenant du temps, la courbe du chômage ne s\'inverse pas, l\'inflation continue de croître et les sanctions à l\'encontre de l\'Iran ne sont pas levées avant 2014-2015. La monnaie continue à se dévaluer. Avantage : la stabilité.Un printemps iranien?Deuxième scénario, le peuple iranien se soulève comme cela fut le cas en 2009, lors des manifestations du «mouvement vert». La fragilisation venue de l\'intérieur est donc la plus grande crainte de la part de l\'Etat. Un printemps iranien aurait l\'avantage de (re) donner totalement la voix au peuple. Les sanctions internationales seraient assez rapidement levées. Ce scénario, en apparence favorable au (jeune) peuple iranien, comporte cependant plusieurs désavantages : d\'abord, la déstabilisation de «l\'équilibre» en place mettrait aussi en jeu la stabilité de l\'Etat iranien, et de l\'équilibre d\'une région très fragile. Ensuite, des courants «ultras» islamistes pourraient prendre de plus en plus d\'ampleur. Si les soulèvements populaires sont l\'un des reflets les plus magnifiques de la démocratie, la situation iranienne est toutefois extrêmement délicate, à travers sa situation géopolitique, stratégique et économique. Il convient donc de ne pas minimiser la situation et d\'observer les prochaines semaines comme le lait sur le feu. *John Plassard est Senior Equities Sales chez Mirabaud Securitie

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