Banque du futur : les machines vont remplacer les guichets

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L'agence bancaire de demain sera encore plus technologique. Déjà dans les pays émergents, les opérations bancaires courantes sont largement effectuées sur des automates multifonctions. « Les ATM (Automatic Teller Machine) sont de plus en plus puissants et vont bien au-delà du retrait de cash », souligne Thomas Swidarski, le Pdg du groupe Diebold, l'un des trois principaux constructeurs mondiaux d'automates bancaires. L'Exposition Universelle à Shangaï est l'occasion de le démontrer : les visiteurs peuvent prendre leur ticket d'entrée aux automates Diebold.Recyclage immédiatEquipées d'ordinateurs sophistiqués et d'écrans haute définition, les nouvelles générations d'automates peuvent non seulement disitruber des billets mais en recueillir et accéder directement aux comptes.Les machines de la gamme Opteva de Diebold peuvent ainsi distribuer des billets de banque mais aussi enregistrer les dépôts de billets en vrac, les identifier un à un, les compter et enfin créditer le compte bancaire immédiatement. Les automates peuvent aussi recycler les billets c'est-à-dire les remettre en circulation directement ou encore du change de devises. Diebold en a déjà installé 20 000 machines de ce genre en Chine principalement, mais aussi en Russie en Belgique et au Moyen Orient, et de façon plus confidentielle en Italie et en France. Le modèle le plus récent l'Opteva 328 peut en plus accepter les dépôts de chèques, identifier les montants, les photographier, les encaisser sur le compte du bénéficiaire. Payer les factures en HongrieD'autres logiciels peuvent lui être ajoutés pour au fil du temps pour permettre de nouveaux services. En Hongrie, la banque Erste a ainsi conclu un accord en avril 2010 avec Diebold pour équiper ses ATM d'une fonction pour payer ses factures d'eau, de gaz, d'électricité notamment, avec fourniture d'une preuve certifiée de l'opération.« En Afrique ou même dans certains pays d'Europe de l'Est, il faut être créatif. Nous partons de rien ou presque car il n'y a pas vraiment de réseau existant», explique Xavier Biane, directeur général pour l'Europe de l'Ouest (France, Benelux, Grande-Bretagne, Luxembourg), l'Afrique et le Moyen-Orient. « Les automates et la technologies permettent aux banques de toucher la population qui, en Afrique, n'a pas de compte courant, » ajoute-t-il. Des automates mobiles montés sur camion permettent ainsi d'atteindre les villages reculés en Egype et en Inde.Reconnaissance biométriqueEn Côte d'Ivoire, Diebold est en train de mettre en place une fonction qui permettra à un client qui n'est pas possesseur d'un compte bancaire d'alimenter des cartes pré-payées grâce à un code. Au Ghana, les machines utilisent la reconnaissance biométrique du doigt pour identifier les clients et réduire le risque de fraude. Au Brésil, c'est toute la paume de la main et au Japon ce sont les veines du doigt. Demain, les transferts d'argent de population migrantes vers leur pays d'origine pourraient combiner les technologies des ATM, du téléphone portable et de la reconnaissance biométrique. La reconnaissance biométrique combinée à la numérisation sur place des papiers d'identité et autres pièces justifcatives peut permettre de souscrire un produit comme un crédit à la consommation par exemple directement avec un automate.L'intérêt du client« En Afrique il est possible d'implanter les innovations technologiques beaucoup plus rapidement qu'en Europe », remarque Xavier Biane. Diebold a d'ailleurs l'objectif d'atteindre au moins 30% du marché en Afrique francophone. « Les business model des banques dans les pays matures n'est pas le même. Et les comportements des consommateurs sont déjà bien installés dans les pays occidentaux. Si bien qu'une innovation technologique n'a de sens que si elle apporte un vraie bénéfice au client », estime Dave Wetzel, vice-président de Diebold en charge de la région Europe, Afrique et Moyen-Orient. Il faut donc que le consommateur y trouve un avantage notamment en terme de rapidité en supprimant les files d'attentes aux guichets et en accélérant le crédit du compte et en terme de facilité d'accès grâce à des horaires élargis voire 24h sur 24.Modernisation à petits pasEn France, où la mise ne place des premiers automates est ancienne, l'introduction des nouvelles fonctionnalités suppose à la fois le renouvellement du parc existant et des adaptations des systèmes informatiques des banques. Les établissements choisissent de procéder par étape. Le groupe Crédit Agricolegricole a ainsi confié le soin à la caisse Alpes-Provence de tester, pour l'ensemble du groupe, les nouveaux automates Opteva 328 qui effectuent à la fois les dépôts et des retraits de billets. Cinq agences en ont été équipées mais la fonction "recyclage" n'a pas encore été activée. La Société générale a pour sa part annoncé, dans le cadre de son plan stratégique, l'installation de près de 350 nouveaux automates multifonctions dans ses agences, qui permettront de retirer de l'argent ou de déposer des espèces et des chèques. Conséquence directe de cette automatisation des tâches les plus simples, la banque de La Défense attend une amélioration de son coefficient d'exploitation de 1,5 % à 2 % et prévoit la réduction de 900 postes de conseillers en agence en trois ans. Certaines banques étrangères comme Dexia, HSBC et Barclays en ont tiré aussi une conséquence sur l'aménagement des agences selon un nouveau concept pour les rendre plus confortables et plus accueillantes (lire l'article sur les agences bancaires "new look"). La modernisation du parc d'automates bancaires et l'ajout de nouvelles fonctions rencontre un obstacle : le coût. « Pour qu'une banque développe un logiciel offrant un nouveau service sur les automates, il faut que ce soit rentable. Or c'est là que le bât blesse », reconnaît Xavier Biane, directeur général de Diebold pour l'Europe de l'Ouest (France, Benelux, Grande-Bretagne, Luxembourg), l'Afrique et le Moyen-Orient. « L'introduction de publicité commerciale sur les automates pourrait être une solution pour rentabiliser les investissements des banques sur leurs automates », ajoute-t-il. Aux États-Unis, les machines accueillent déjà des films publicitaires rendus possibles par la qualité haute définition des écrans et proposent aussi des coupons de réduction personnalisés. En France, l'idée d'offres promotionnelles en association avec des commerçants fait son chemin, mais reste au stade exéprimental.

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