« J'espère que le Royaume-Uni est conscient du coût d'un désaccord sur le budget européen »

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STRONG>Jerzy BuzekPrésident du Parlement européen, ancien Premier ministre de la PologneSongez-vous sérieusement à bloquer le budget 2011 si vous n'obtenez pas satisfaction aujourd'hui ?Le Parlement a déjà fait beaucoup d'efforts et la balle est à présent dans le camp du Conseil. Nous savons qu'il y a des mesures d'austérité à travers l'Europe et sommes prêts à accepter la proposition du Conseil pour le budget de l'an prochain. Nous exigeons juste que le traité de Lisbonne soit appliqué ! La question du financement de l'UE doit être traitée sérieusement, car il s'agit de l'argent des contribuables. Nous voulons des représentants du Parlement dans les négociations sur le prochain budget pluriannuel et un débat franc sur de nouvelles bases de ressources propres pour l'Union. Nous souhaitons vraiment arriver à un accord mais, conformément au souhait de la grande majorité du Parlement, si le Conseil ne veut pas d'une discussion politique, je n'aurai d'autre choix que de bloquer.Quelles seraient les conséquences d'un blocage ?Ce serait très néfaste pour l'Union et ce ne serait pas un signal positif adressé aux marchés et aux citoyens. J'espère que la poignée de gouvernements, à commencer par le Royaume-Uni, qui refusent de parler avec nous sont conscients du coût d'un désaccord pour la croissance et les investissements. Je ne comprends pas comment certains Etats membres peuvent préférer un blocage du budget plutôt que d'améliorer les méthodes de financement de l'Europe.En pleine cure d'austérité, ce débat sur l'augmentation du budget européen et sur de nouvelles ressources propres n'arrive-t-il pas au pire moment ?Il y a beaucoup de mensonges dans ce débat. Nous ne demandons pas plus d'argent. Le relèvement des engagements dans le budget reste inférieur au niveau de l'inflation : en termes réels, nous aurons donc moins que l'an dernier ! Par ailleurs, la nouvelle base pour des ressources propres ne signifierait pas nécessairement davantage d'argent, mais juste de nouvelles idées de financement qui entraîneraient une réduction des contributions nationales des Etats membres au budget européen.Le Premier ministre britannique, David Cameron, vous accuse d'être déconnecté de la situation économique...J'ai été moi-même Premier ministre et je sais ce que c'est que de gérer une situation économique et budgétaire difficile. J'essaie de comprendre David Cameron. Et j'espère que son pays comprendra aussi que bloquer le budget ne serait pas non plus dans son intérêt. L'Union est son premier partenaire commercial et l'absence de budget pourrait plonger l'Europe dans une crise plus profonde. Par ailleurs, en cas de « non-budget », le Royaume-Uni aussi perdrait beaucoup, car il ne récupérerait pas sa part du budget européen 2010 non dépensé. Je veux croire que le Royaume-Uni va se montrer constructif et que les autres pays qui ont des doutes suivront. On a besoin d'un bon accord pour tous. Propos recueillis par Yann-Antony Noghès, à Bruxelle

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