Le G20 renvoie à plus tard les sujets qui fâchent

L'une des rares déclarations qui a fait consensus à Séoul, où s'est achevé vendredi le cinquième sommet du G20, est due à Barack Obama : « Le travail que nous faisons ici n'apparaît pas forcément toujours spectaculaire [...] », a admis le président américain à l'issue du sommet. Les deux jours de négociations, parfois houleuses, n'ont en effet débouché que sur un accord a minima.Sur le problème des déséquilibres des balances courantes, les pays du G20 n'ont retenu dans leur communiqué final que le besoin de « lignes directrices indicatives » qui devront permettre d'identifier des déséquibres importants susceptibles de déstabiliser l'économie mondiale. Mais, incapables de s'entendre plus avant sur le contenu concret de ces lignes, les chefs d'Etat et de gouvernement ont confié à leurs ministres des Finances le soin d'en discuter durant le premier semestre 2011, sous la présidence française du G20, avec l'appui du Fonds monétaire international (FMI). Celui-ci a précisé que ces lignes directrices « aideront à identifier les déséquilibres nécessitant et les actions préventives et correctrices à prendre ». Au chapitre de la guerre des monnaies, le G20 s'est montré très timoré, se limitant à encourager ses membres à évoluer vers des taux de change davantage déterminés par le marché, référence implicite à la monnaie chinoise, le yuan, jugée sous-évaluée à des fins commerciales. Les chefs d'Etat et de gouvernement rejettent également les « dévaluations compétitives », allusion cette fois à la politique monétaire menée par les Etats-Unis.Mesures de contrôleSeule mesure concrète pour la stabilité de l'économie, le G20 a avalisé la possibilité, essentiellement pour les pays émergents, de freiner l'afflux de capitaux spéculatifs à condition que les mesures de contrôle des mouvements de capitaux soient « soigneusement élaborées ».En matière bancaire, il a entériné le principe de Bâle III (augmentation de la quantité et de la qualité des fonds propres des banques) et a validé les propositions du Conseil de stabilité financière (FSB) sur une surveillance accrue du marché des dérivés de gré à gré et sur une réduction de la dépendance aux agences de notation. En matière de gouvernance internationale, il a confirmé la réforme déjà adoptée par le FMI sur le « doublement des quote parts », la ressource pérenne du Fonds, et sur le transfert aux pays émergents de plus de 6 % des droits de vote.Enfin, deux engagements formels ont été pris : boucler le difficile cycle de Doha sur la libéralisation des échanges, et faire un « succès » de la conférence de Cancun en décembre sur le climat. Laurent Chemineau

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