Le fonds britannique Permira veut s'allier à But pour racheter Conforama

Qui rachètera Conforama ? Depuis que le groupe PPR a manifesté sa volonté de mettre en vente l'enseigne, les rumeurs vont bon train. L'intérêt du fabricant de meubles sud-africain Steinhoff et de But, le concurrent de Conforama détenu par Colony Capital et Goldman Sachs Capital Partners, est aujourd'hui avéré. Un temps cité, l'autrichien Lutz, poids lourd du secteur, n'est en revanche plus intéressé. « Nous viendrons en France le moment venu. Mais, pour l'heure, nous ne cherchons pas à nous y implanter », a expliqué à « La Tribune » son directeur de l'expansion, Ewald Repnik. Entre-temps, un autre acteur, plus discret, s'est invité dans la course : il s'agit du fonds d'investissement britannique Permira. Depuis quelques mois, ce dernier a multiplié les contacts avec les acquéreurs potentiels afin de nouer une alliance. L'objectif est de co-financer une opération qui s'annonce coûteuse, PPR exigeant un prix plancher d'environ 1,5 milliard d'euros. Sans compter que les possibilités de recours à l'endettement risquent d'être assez limitées pour un fonds, en raison du niveau de rentabilité de l'actif. La banque mandatée par PPR, Rothschild, tente actuellement de réunir une dette « clé en main » d'environ 800 millions d'euros pour aider les investisseurs à financer la transaction.Questions concurrentiellesSelon nos informations, des discussions ont été entamées entre Permira et Steinhoff mais ont rapidement échoué, le sud-africain désirant plutôt s'associer avec un partenaire minoritaire. Désormais, le fonds britannique privilégie la « solution But. » D'après une source proche, « les échanges avec Colony et Goldman Sachs ont commencé en début d'année. » « Cet attelage aurait l'avantage de lui donner une position de contrôle, avec certainement un partage du capital à 50/50 ». Toutefois, une telle opération soulève des questions, notamment concurrentielles. « Une fois réunis, Conforama et But ne feraient pas ?un plus un?, mais à peine 0,7 », prévient le directeur général de l'Institut de la promotion et d'études de l'ameublement (IPEA), Christophe Glazel. Car des cessions de magasins seraient inévitables. Les deux enseignes ont toujours été en concurrence frontale en France. But aligne près de 215 magasins (9,7 % de parts de marché), tandis que Conforama en compte 190 (14 %), Ikea étant leader incontesté (16,9 %), selon les chiffres de l'IPEA. Les Autorités de la concurrence pourraient dès lors exiger des cessions pour éviter des situations de position dominante dans certaines zones de chalandise. Cela s'est déjà vu, notamment lors de la fusion de Promodès et Carrefour, en 1998. « La solution Goldman Sachs-Colony-Permira entraînerait de la casse sociale, avec des licenciements dans les magasins et les services administratifs, qui seront fusionnés », regrette un bon connaisseur du dossier. Autre inconvénient, les relations entre les directions de Conforama et But sont à couteaux tirés. L'actuel PDG de l'enseigne, Thierry Guibert, pourrait d'ailleurs rester dans le groupe PPR si les trois fonds l'emportaient. Enfin, la perspective de rejoindre un financier mu par des aspirations foncières n'est pas du goût de Conforama. Le groupe possède encore beaucoup de ses murs et le non-paiement de loyers lui assure une grande partie de sa rentabilité. Une chose est sûre, les tractations en cours pourraient déstabiliser Conforama et contrarier la dynamique de reprise observée ces derniers temps. Au premier semestre, sa marge brute opérationnelle était en hausse de 32,2 %, à 83 millions d'euros.

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