Hydrelis accélère la commercialisation de son disjoncteur hydraulique
La Tribune
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Il faut beaucoup de temps et d'acharnement pour monter ex nihilo une activité industrielle en créant un service technologique auquel personne n'avait pensé. Entre le moment où Thierry Sartorius, président d'Hydrelis, a imaginé son disjoncteur à eau, le Clip Flow, et aujourd'hui, alors que son activité démarre enfin à grande échelle, il se sera écoulé une dizaine d'années ! Créée en 2004 à Lille, Hydrelis s'est spécialisée dans la conception et la production de systèmes de réduction des consommations d'eau. La société a levé en mai dernier 2,7 millions d'euros auprès du fonds d'investissement parisien A Plus Finance et 1,1 million d'euros auprès de ses actionnaires historiques que sont l'hydraulicien Chuchu Decayeux et l'électronicien Acean. Un appel d'air qui lui a permis de développer ses équipes commerciales et de renforcer sa R&D, la fabrication de ses produits étant sous-traitée à Chuchu Decayeux et Acean. La PME a maintenant les reins assez solides pour adresser les constructeurs comme Bouygues et Vinci, les distributeurs d'eau comme Veolia, les exploitants comme les gestionnaires d'autoroutes et les gros installateurs comme Forclum.Pouvant être piloté à distance via des transmissions sans fil, ce disjoncteur à eau interrompt la fourniture d'eau automatiquement en cas d'anomalie sur les canalisations de petits diamètres. Ce qui permet de très substantielles réductions de consommation. Son installation sur le point de distribution d'eau d'un bâtiment municipal de la ville de Nevers a, par exemple, permis plus de 20.000 euros d'économie en supprimant une simple fuite d'eau chaude. « Nous vivons actuellement un tournant important de notre histoire, avance Thierry Sartorius. Jusqu'à présent, nos plus grosses commandes n'excédaient pas 200 de nos produits. Aujourd'hui, nous adressons des clients qui ont à installer ou à gérer des dizaines de milliers de points de distribution d'eau sur plusieurs sites. » L'Hexagone privilégiéeEn 2009, le chiffre d'affaires de l'entreprise n'était encore que de 200.000 euros. Il a fortement grossi depuis et devrait même quadrupler pour 2011 rien que sur le marché français. Car Hydrelis reçoit des demandes qui viennent d'autres pays d'Europe, du Canada et du Moyen-Orient. Mais elle préfère pour l'instant se concentrer sur son développement hexagonal où le potentiel est estimé à 35 millions de points d'eau à équiper. Hydrelis sera sans doute un jour rachetée par un gros industriel comme c'est le cas de nombreuses jeunes entreprises innovantes. Thierry Sartorius s'y prépare en tout cas, car certains ont déjà frappé à sa porte.Geneviève Hermann, à Lille
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