La Fed joue la carte de l'apaisement obligataire

Une double épée de Damoclès était suspendue mardi au dessus des têtes des « Sages » de la Réserve fédérale qui tenaient le dernier de leurs huit conseils annuels. D'abord l'agence Moody's avait agité la veille la muleta , envisageant une mise sous surveillance de la perspective associée à la note triple A - la plus prestigieuse qu'elle décerne - des États-Unis. Moody's considère que les effets négatifs en terme de finances publiques du prolongement des réductions d'impôts à l'ensemble de la population américaine l'emportent sur ses effets positifs pour la croissance. Ensuite, les tensions récentes sur la partie longue de la courbe des taux s'étaient certes amorties alors que débutait le conseil de la Fed, mais restaient bien présentes. Le rendement des emprunts d'État américains à dix ans continuait d'avoisiner le point haut de six mois touché lundi à 3,39 %, contre 2,46 % le jour du précédent conseil de la Fed (le 3 novembre). Mais il ne s'est pas dégradé davantage à l'annonce du nouveau bond des ventes au détail en novembre, signe d'une reprise durable de la consommation des ménages américains. Pour bon nombre de stratèges, le coup de torchon sur les taux des dernières séances a été excessif et l'heure a sonné de la fin de la correction du marché obligataire, qui s'est laissé impressionner par les dernières statistiques américaines et l'ampleur de l'injection de pouvoir d'achat que va induire le compromis entre Obama et les Républicains. De quoi permettre à la Fed de souffler. Elle n'est plus seule à faire fonctionner le ballon d'oxygène.Encore plus accommodanteDe fait, la banque centrale de Washington a campé sur ses positions. Elle a reconduit sa politique de taux voisins de zéro en vigueur depuis décembre 2008, réitérant son credo : « les taux seront maintenus à un niveau exceptionnellement bas pendant une période prolongée ». Envisagée par le président Ben Bernanke au début décembre, l'extension du deuxième programme d'assouplissement quantitatif annoncé en novembre, portant sur le rachat de 600 milliards de dollars de titres de dette publique supplémentaires d'ici à fin juin, a été maintenu en l'état. Mais pour ne pas tournebouler davantage le marché obligataire, la Fed s'est voulue encore plus accommodante que ne semble le justifier la situation économique. Elle n'a pas manqué de répéter que la reprise en cours était bridée par le niveau élevé du chômage, la faiblesse du secteur immobilier et la progression chétive des revenus, en insistant sur l'absence de pressions inflationnistes. Isabelle Croizard

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