Le sommet européen se prépare à débattre de la direction de la gouvernance économique

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Malgré les proclamations officielles, le fossé reste béant entre Paris et Berlin. Au lendemain de la rencontre lundi entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, aucun accord sur la gouvernance économique de la zone euro n'a été trouvé. La chancelière s'est contentée de réaffirmer sa position de février dernier : oui à une coordination au sein de l'Union européenne, mais pas dans la seule zone euro et sans institutions nouvelles. Une douche froide pour les espérances françaises alors que débute jeudi un sommet européen qui doit améliorer la coordination des politiques nationales, la fameuse « gouvernance économique », et théoriquement adopter un plan crédible pour durcir la discipline budgétaire des États-membres. L'idée d'un gouvernement économique européen reste tabou outre-Rhin, où plusieurs éditorialistes ont déjà dénoncé « l'empreinte française » dans la décision de la BCE de racheter des titres grecs. On craint surtout pour l'indépendance de la BCE, autrement dit pour le fondement de la pensée économique allemande de l'après-guerre. Par ailleurs, Angela Merkel est dans une position politique fragile. Les rumeurs sur l'implosion de sa coalition se répandant, elle ne veut pas prêter le flan à de nouvelles critiques. avantage compétitifEn effet, l'Allemagne, dont la croissance dépend des exportations, a intérêt au maintien du statu quo, donc de son avantage compétitif, chèrement acquis. Si Nicolas Sarkozy a affirmé que « chacun a fait un pas vers l'autre », celui d'Angela Merkel est fort mesuré : il consiste à accepter, et « en cas de besoin  » seulement, des sommets exceptionnels au sein de la zone euro. En revanche, le président français a dû accepter l'idée d'un retrait du droit de vote aux pays laxiste en matière budgétaire. Sur cet aspect, la Commission européenne a annoncé mardi ne pas prendre de sanction à l'encontre de la France pour cause de déficit excessif, en revanche des procédures ont été prises contre la Finlande, le Danemark et Chypre. Romaric Godin, à Francfort

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