Les factures en attente de la grippe A H1N1

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Certains médecins n'auraient toujours pas été payés... La crise de la grippe A, dont la gestion a été si polémique, risque de coûter encore cher à l'Etat. Jeudi, Jean-Pierre Door et Jean-Christophe Lagarde, respectivement rapporteur et président de la commission d'enquête parlementaire sur la campagne de vaccination contre le virus H1N1, présentaient leur rapport à la presse. Les députés ont évalué le coût total à 668 millions d'euros, soit deux fois et demi moins que les 1,5 milliards d'euros prévus initialement. Mais certaines dépenses n'ont pas encore été réglées et d'autres coûts subsidiaires pourraient se rajouter. Plus de six mois après la fin de la campagne de vaccination, certains professionnels de la santé n'ont toujours pas reçu leur indemnisation. Au 20 juin, un peu plus de 16,6 millions ont été versés aux médecins, infirmiers, étudiants et médecins à la retraite, contre un total des indemnisations estimé pour l'instant à 103,5 millions d'euros. Un retard qui s'explique par « le grand nombre de dossiers à traiter », rappelle Thierry Coudert, directeur de l'Eprus (Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires), en première ligne dans la crise de la Grippe A.À côté de ces impayés, d'autres coûts pourraient s'ajouter au budget estimé. Le laboratoire GSK (GlaxoSmithKline) réclame par exemple à l'Etat 108 millions d'euros d'indemnisation pour les 32 millions de vaccins dont la commande a été annulée en janvier 2010. L'Eprus ne propose que 35 millions, mais son directeur reste confiant : « Il y a une faible probabilité pour que GSK décide d'attaquer l'Etat en justice », assure Thierry Coudert qui pense que de toute façon ils n'obtiendraient pas gain de cause.millions de vaccins à détruireIl subsiste également une incertitude sur le stock de 21 millions de doses de vaccins, lesquelles se périmeront entre septembre 2010 et octobre 2011. Le rapport évoque la possibilité d'utiliser 4 millions d'entre elles dans le cadre de la vaccination de la grippe saisonnière, à l'automne 2010. Quid des 17 millions restantes ? « Elles seront détruites une fois arrivées à péremption », affirme Thierry Coudert. Un coût supplémentaire, « qui est compris dans le budget de fonctionnement de l'Eprus », rassure t-il. Reste l'impression d'un grand gâchis.

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