Londres songe à un impôt sur les anciens étudiants pour financer les universités

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Les universités britanniques sont au coeur d'une tempête financière parfaite. Alors que le chômage a augmenté avec la crise, il n'y a jamais eu autant de candidats à l'université. L'an dernier, plus de 200.000 candidatures ont dû être rejetées. Dans le même temps, la rigueur budgétaire contraint le gouvernement à réduire ses financements. Enfin, la recherche coûte de plus en plus cher, particulièrement dans les domaines scientifiques, et les universités ont besoin de davantage d'argent que par le passé. Les universités n'ont donc guère le choix : elles doivent lever plus d'argent. Pour cela, le gouvernement britannique a lancé ce jeudi une nouvelle idée, originale : plutôt que d'augmenter les frais de scolarité (qui représentent 29 % des revenus des universités, tandis que 35 % viennent de l'État, le reste provenant pour l'essentiel de donations et de partenariats avec les entreprises), les universités pourraient être payées via un impôt acquitté a posteriori par les anciens étudiants.Ceux-ci repaieraient le coût de leurs études en versant pendant plusieurs années une taxe supplémentaire. L'idée vient de Vince Cable, le ministre libéral-démocrate des entreprises, qui est conscient du problème de financement des universités, mais est inquiet de rendre l'accès à l'université encore plus inégal qu'il ne l'est déjà. Politiquement, il en a aussi besoin : il a promis pendant la campagne électorale de geler les frais de scolarité.3.800 euros par anLe système britannique fonctionne déjà en partie selon ce modèle de paiement après diplôme. Tony Blair, qui faisait déjà face à un problème de financement des universités, avait triplé les frais de scolarité à 3.200 livres (3.800 euros) par an. Cette somme n'est payée qu'après les études, quand le salaire de l'ancien étudiant atteint 15.000 livres (18.000 euros). La nouvelle proposition de Vince Cable, qui n'est pour l'instant qu'à l'étude, va plus loin : les anciens étudiants paieraient un impôt en proportion de leur salaire. Certains paieraient donc leurs études plus chères que d'autres.Vince Cable n'a cependant pas révélé les détails du fonctionnement de cette taxe. Il a confié à Lord John Browne, qui est en train de réaliser un rapport sur le financement de l'enseignement supérieur, le soin de faire des propositions précises. Celles-ci seront dévoilées à l'automne. Éric Albert, à Londres

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