Larosière craint un excès de régulation bancaire

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églementation« Attention à ne pas en faire trop en termes de régulation financière. » L'avertissement est inattendu, venant de Jacques de Larosière, l'un des architectes de la nouvelle régulation financière. Celui qui a rédigé le rapport sur lequel se construit actuellement le nouvel encadrement bancaire européen, de passage à Londres pour deux conférences, s'inquiète du zèle des gouvernements des deux côtés de l'Atlantique. « Si nous voulons un retour de la croissance, nous avons besoin de banques qui soient fortes et prêtes à prendre des risques. Or, il y a le risque que nous bloquions leur capacité à prêter. »Selon lui, le pire ne s'est pas encore produit, de nombreuses décisions étant encore en suspens. Mais il craint que trop de réglementations tombent en même temps sur les banques. « On veut imposer un nouveau ratio de liquidité, un autre de solvabilité, et les Américains souhaitent également introduire un ratio d'effet de levier (« leverage ratio ») et une hausse des fonds propres pour les banques systémiquement importantes », explique-t-il.éviter la précipitationJacques de Larosière s'inquiète particulièrement du ratio d'effet de levier, qu'il trouve trop simpliste. Celui-ci est un calcul des fonds propres par rapport à l'ensemble des encours d'un établissement. « Il ne prend pas en compte la qualité du bilan, souligne l'ancien gouverneur de la Banque de France. Une banque peut avoir un fort effet de levier tout en ayant des actifs très solides, tandis qu'une autre peut avoir un faible effet de levier, mais basé sur des actifs dangereux. »Le G20 veut que les nouvelles règles soient en place d'ici à la fin de 2010, pour être appliquées à la fin de 2012. «?Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation?», avertit Jacques de Larosière. Enfin, il estime que l'Europe a plus à y perdre que l'Amérique. « En Europe, environ les deux tiers des financements des entreprises viennent des banques. Aux États-Unis, c'est seulement le tiers, le reste venant des marchés de capitaux. À chaque fois que vous imposez des réglementations bancaires, l'effet est deux fois plus fort en Europe. »Éric Albert, à Londres

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