Le spectre d'un troisième plan de rigueur plane sur le début de l'année 2012

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Plus le choix. Depuis peu, le gouvernement s'attelle à préparer les esprits à une dégradation de la note de la France, tout en minimisant ses conséquences. Le Premier ministre a ainsi averti jeudi que la France devrait probablement encore « affronter des secousses » tout en estimant que « ce qui importe », ce n'est pas le « jugement d'un jour » des agences de notation, mais « la trajectoire politiquement structurée et budgétairement rigoureuse que la France et l'Europe ont décidé d'adopter ».La question est justement de savoir si cette fameuse « trajectoire intangible » peut permettre à Paris de respecter ses engagements, a fortiori si une dégradation de sa note alourdit la charge de sa dette, attendue à 48,8 milliards d'euros en 2012. Sur ce point, l'État a anticipé une hausse des taux, son budget 2012 étant bâti sur une hypothèse d'un taux à 10 ans de 3,7 % contre 3,05 % actuellement (une hausse de 0,5 point augmente de 1 milliard la charge de la dette). Reste que, selon les dernières projections de Bercy, la dette publique devrait, en prenant en compte l'impact du plan d'aide aux pays de la zone euro en difficulté, atteindre 88,2 % du PIB en 2012, sachant qu'un ratio de 90 % est considéré comme une « zone d'inconfort » par les économistes. En outre, ces derniers prévoient un recul du PIB en 2012, l'OFCE tablant sur un déficit public de 5,3 % du PIB, largement supérieur aux 4,5 % visés. Ce ne sont alors pas 18 milliards d'euros, comme prévu par les plans Fillon I et II, qu'il faudrait économiser en 2012 mais 30 milliards. De quoi tuer durablement l'activité.Pour l'heure, Bercy maintient que si son budget 2012 a été élaboré sur une hypothèse de 1 % de croissance, il peut toutefois tenir le choc jusqu'à 0,4 % grâce à sa réserve de précaution de 6 milliards d'euros (1 point de PIB équivaut à 20 milliards). Mais ces gels de crédits ne sont qu'une maigre garantie puisqu'ils sont entamés chaque année. Aussi, après avoir démenti les rumeurs d'un troisième plan de rigueur avant la présidentielle, François Fillon a récemment évoqué un budget rectificatif en janvier 2012 pour mettre en oeuvre les décisions du dernier sommet européen. L'occasion d'instiller de nouvelles mesures de rigueur ?

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