Au Sud, le spectre des émeutes de la faim

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Au Yémen, les enfants défilent pour demander à manger. Au Burkina, une grève nationale paralyse le pays. C'était en 2008. Les émeutes de la faim s'emparaient de plusieurs pays parmi les 37 nations menacées de famine selon la FAO (Food and Agriculture Organization). À l'époque, c'est la demande chinoise qui faisait grimper les cours des denrées alimentaires de base. Aujourd'hui, si les tensions sont engendrées par les caprices de la nature, le résultat risque d'être le même sur les prix, et partant, sur la population.Un scénario crédible pour Jacques Diouf, directeur de la FAO, qui estimait déjà en mars que l'« ensemble des facteurs qui ont conduit à cette crise de l'offre [en 2008] sont toujours là, dus à l'altération de la production en raison du changement climatique ». En Russie, où sévit une grave sécheresse, les prix du blé ont augmenté de 19 % en une semaine, faisant redouter des émeutes, comme en 2008. Pour tenter de freiner l'envolée des cours et déjouer les protestations, Moscou a préféré suspendre les exportations de céréales. Quant au Pakistan, « la situation est difficile, explique Marcus Prior, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) en Asie, on fait ce qu'on peut pour éviter les émeutes »... L'Afrique reste toujours vulnérable. Ainsi, une nouvelle sécheresse, comme en 2005, afflige actuellement le Niger, entraînant perte des récoltes et mort du bétail. Niamey aurait besoin, selon le PAM, de 231 millions de dollars. A. V.-M.

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