La météo fait flamber les prix

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En Pologne, les plantations de colza commencent mi-août. Enfin d'habitude. De violentes pluies empêchent les fermiers d'accéder à leurs champs. Un retard qui pourrait affecter la production européenne pour 2011, et conduire le Vieux Continent à acheter à l'international le colza nécessaire à la fabrication d'huile alimentaire et de biodiesel. Et c'est là que les problèmes risquent de surgir. Car le chaos climatique qui bouleverse la planète cet été affecte énormément de terres agricoles. Le nombre de candidats à l'importation risque donc de grossir. Une perspective que les cours de nombreuses denrées reflètent déjà sur les marchés internationaux?: dans le sillage du blé, dont les cours ont bondi de 55 % depuis la fin juin à Paris, les autres céréales ont toutes progressé de plus de 15 %?; même le riz a pris 20 % en un mois sur le marché américain. Parmi les autres produits agricoles affectés par la météo, le sucre est reparti à la hausse en raison du risque qui pèse sur les récoltes russes et pakistanaises, et le jus d'orange reflète la crainte d'une saison de cyclones agitée. Si l'Europe est touchée çà et là par des températures inhabituelles et des précipitations intempestives, ailleurs les errements de la météo tournent à la catastrophe. Entre la canicule en Russie, les inondations au Pakistan et les glissements de terrain en Chine, 2?010 risque d'être un très mauvais millésime pour l'agriculture mondiale. La Russie, deuxième exportateur de blé ou troisième derrière tous les pays européens, a disparu depuis dimanche du marché international des céréales avec le début d'un embargo décidé suite à de piteuses moissons. Le Pakistan, qui produit plus de blé que l'Ukraine, avait déjà terminé sa récolte de blé. Mais selon le ministère de l'Agriculture pakistanais, 600.000 tonnes de blé stockées auraient été détruites par les inondations. Le pays est aussi gros producteur de riz, et troisième exportateur de cette céréale. Une bonne partie de sa récolte risque d'être emportée par les eaux. La zone du nord-est de la Chine affectée par des intempéries n'est pas la plus agricole du pays, mais là aussi la culture du riz était présente. Ce qui a poussé le ministre chinois de l'Agriculture, Han Changfu, à déclarer ce week-end que « le bol de riz des Chinois ne devait pas terminer entre les mains des autres », selon la China National Radio.En théorie, les niveaux élevés des stocks de blé et de riz devraient aujourd'hui rassurer les marchés. Les experts anticipent un reflux des cours, qui reste abstrait. Surtout à Paris, où les volumes d'échanges demeurent à des niveaux record pour le blé. Ce qui pose la question du rôle de la spéculation sur l'inflation des matières premières agricoles.

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