Guerre des alliances dans le ciel sud-américain

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Chez les deux grands rivaux d'Air France-KLM, Lufthansa et British Airways, chacun retient son souffle. Leurs positions en Amérique latine, l'un des marchés les plus dynamiques de la planète, sont menacées par le projet de fusion annoncé ce week-end entre la chilienne LAN Chile et la brésilienne TAM, les deux plus grandes compagnies aériennes du continent sud-américain. Car la première est aujourd'hui membre de l'alliance Oneworld aux côtés de British Airways, American Airlines, Iberia, quand la seconde appartient à Star Alliance avec Lufthansa, United... Et ce rapprochement risque de se solder, à terme, par le regroupement des deux compagnies au sein de la même alliance, même si l'accord prévoit le maintien des deux compagnies. Dans une région où le trafic est en pleine croissance avec une hausse de 10,2 % au premier semestre, la perte pour une alliance d'un partenaire sera donc fortement préjudiciable. Star Alliance, qui vient de perdre Shanghai Airlines dans un scénario un peu semblable (la compagnie chinoise a été rachetée par China Eastern, qui a opté pour l'alliance d'Air France, Skyteam). joue très gros dans l'opération. En cas de départ de TAM pour Oneworld, le camp de Lufthansa perdrait non seulement son leadership au Brésil mais tout l'accès au plus gros marché d'Amérique du sud, TAM représentant 42 % du trafic intérieur. Ce scénario ferait de Oneworld l'alliance la plus importante à la fois sur le continent et au Brésil tandis que Skyteam, vierge de tout partenaire, espère dénicher « une ou deux compagnies » en Amérique latine.Qui de LAN ou de TAM va quitter son camp actuel ? Très difficile à dire. Le fait que ce soit la compagnie chilienne qui rachète sa consoeur brésilienne pour 3,7  milliards de dollars (par échange d'actions) plaide en faveur d'un transfert de TAM pour Oneworld si tant est que cela soit le souhait de la direction de LAN. A l'inverse, l'appartenance de TAM à la plus importante des alliances peut donner un avantage à Star. Quitter Oneworld dont elle est membre depuis dix ans semble compliqué pour LAN au regard des liens tissés avec ses partenaires, notamment en Europe. troubleL'entrée de TAM dans Star, elle, est très récente (le 13 mai dernier). Ce qui jette le trouble puisque les discussions d'un rapprochement avec LAN avaient déjà débutées. TAM aurait-elle conservé ce calendrier si le projet de fusion envisageait de la faire quitter Star ? Ou bien est-ce l'incertitude de l'issue des négociations avec les chiliens qui a poussé les brésiliens à maintenir le timing ? Dans la mesure où TAM est plus gros que LAN (4,9 milliards de dollars de chiffre d'affaires contre 3,7 milliards), et en relative bonne santé financière, les brésiliens auront leur mot à dire. F. G.

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