Lucien Barrière mise sur la Bourse pour se développer
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L'entrée en Bourse du groupe Lucien Barrière n'est pas vraiment une nouveauté pour Dominique Desseigne, l'emblématique patron de l'entreprise de casinos et d'hôtels de luxe. Son groupe, par le passé, était déjà coté via deux entités, Hôtels et Casinos de Deauville (regroupant les actifs situés plutôt dans le nord de la France) et Fermière de Cannes (l'hôtellerie dans le sud). C'est l'arrivée d'Accor au capital de la firme, en 1990, qui a redessiné son contour.Le groupe Lucien Barrière, qui frappe aujourd'hui à la porte de la Bourse, regroupe essentiellement les actifs logés dans Hôtels et Casinos de Deauville et ceux d'Accor Casinos. Cette nouvelle entité comprend 37 casinos dont 33 en France, 16 hôtels de luxe et 131 restaurants pour un chiffre d'affaires d'environ 1 milliard d'euros. Une machine bien rodée qui pâtit pourtant depuis deux ans d'un contexte particulièrement morose dans le secteur des casinos, l'interdiction de fumer dans les lieux publics ayant beaucoup touché cette industrie. D'ailleurs, les financiers chargés d'organiser la mise en Bourse de la société ont décidé de jouer la prudence et de proposer la valeur dans le bas de la fourchette envisagée. Ainsi, Lucien Barrière sera-t-il valorisé entre 575 et 702 millions d'euros en fonction du prix finalement retenu pour l'introduction, prévue le 1er octobre. Décision que d'aucuns jugent plutôt judicieuse puisqu'elle permet d'envisager une montée en puissance du titre plus aisée.jeux en ligneAprès introduction, la famille Desseigne possédera 53 % du capital de la société. La direction du groupe fonde de gros espoirs sur le potentiel des jeux en ligne et surtout du poker sur Internet, où elle ambitionne 30 % du marché d'ici à 2015. De la même manière que les machines à sous il y a une dizaine d'années, ce segment devrait, effectivement, être un sérieux relais de croissance pour les casinotiers. La firme compte tout autant sur une reprise dans le segment de l'hôtellerie haut de gamme dans la foulée de la hausse des taux d'occupation déjà constatée depuis février 2010. L'excédent brut d'exploitation 2009 (au 31 octobre, date de clôture de l'exercice) s'est élevé à 115,3 millions d'euros contre 121,4 millions un an plus tôt. Le résultat net s'est inscrit à 1,9 million d'euros contre 14 millions. Dominique Desseigne a maintenant les mains entièrement libres pour mener, comme il l'entend, le développement de son entreprise. P. B.-B.
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