La Caisse d'Épargne confrontée à 2 suicides et une tentative en 15 jours
La Tribune
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La prévention des risques psychosociaux n'est pas une science exacte. En témoigne l'expérience de la Caisse d'Épargne, qui a conclu en juillet 2009 le deuxième accord de France sur le sujet, signé par six syndicats sur sept. L'Écureuil a pourtant été confronté, depuis la mi-mars, au suicide de deux employés, ainsi qu'à une tentative de suicide sur le lieu de travail. « On craint de rentrer dans une spirale à la France Télécome;lécom », indique Patrick Saurin, du syndicat SUD, pour qui ces événements sont liés aux conditions de travail. Et notamment à l'utilisation du « benchmark » (classement des caisses et des agences selon leur performance commerciale) comme « méthode de gestion et d'évaluation du personnel ». Si les autres syndicats jugent prématuré de faire le lien, ils s'élèvent aussi contre cette méthode, accusée de soumettre les employés à « une pression qui ne s'arrête jamais », en l'absence d'objectifs déterminés.Le premier cas de suicide, survenu le 18 mars, concerne une mère de deux enfants qui travaillait à la Caisse d'Épargne de Côte d'Azur, dans l'agence de Sospel. Selon nos informations, elle a mis en cause ses conditions de travail dans deux courriers manuscrits, dont l'un est entre les mains de la gendarmerie qui a ouvert une enquête. Le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et la direction de la Caisse ont désigné un expert externe et constitué une commission d'enquête interne qui rendra ses conclusions le mois prochain. En parallèle, la direction a suspendu les projets en cours d'information-consultation du personnel, et notamment celui sur l'intégration des indicateurs de benchmark dans la détermination de la rémunération variable. Selon nos informations, le syndicat Force ouvrière, majoritaire dans cette caisse, prépare des démarches juridiques pour faire reconnaître le suicide comme accident du travail et établir une « faute inexcusable » de l'employeur. Le second suicide, qui touche la Caisse Bourgogne Franche-Comté, ne semble pas lié au travail, et le CHSCT n'a pas donné suite. En revanche, la tentative survenue le 1er avril dans une agence de la Caisse Bretagne Pays de Loire, et sur laquelle une enquête interne est lancée, semble bien liée au travail. Selon plusieurs sources, la victime, qui venait de recevoir une convocation à un entretien, se sentait menacée de licenciement pour faute. La direction de BPCE souligne que les deux cas de suicide présentent des raisons et des circonstances « extrêmement différentes », et ne souhaite pas commenter la tentative. B. J.
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